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-Marguerite B.: le résumé du film |
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MARGUERITE B: une histoire singulière Documentaire de création: 52 mn. Un film de Gabriel GONNET - Documentaire: 52 mn. écrit par Gabriel GONNET et Béatrice KOEPPEL Production: La CATHODE, PERIFILMS, ACQUI TV Musique de Dominique PAULIN Voix: Laïla ZAKRI, Myriam DERBAL, Laurent CLARET, Christian BLANC de la Comédie Française.
Ce film célèbre le cinquantième anniversaire de la fermeture de la dernière maison de correction pour fille. Le film adapte le livre de Béatrice KOEPPEL: Marguerite B. une jeune fille en maison de correction. 50 ans après le décès de Marguerite, pupille de l'Éducation Surveillée à Cadillac en Gironde, nous avons suivi le parcours de Marguerite à travers la France. L'histoire de Marguerite est difficile, dramatique. Elle se situe dans un moment de réforme et de transition de l'histoire de l'enfermement des mineurs: la réforme de 1945. Dans son parcours se mélangent à la fois des archaïsmes issus du XIXème siècle et une immense volonté de réforme qui privilégie l'affectivité, la formation professionnelle et la volonté de permettre aux pupilles de se réinsérer. Marguerite se suicide à Cadillac le 30 Octobre 1950. C'est une personnalité qui a échappé complètement à ceux qui l'ont suivie. La grille des adjectifs qui ont été posés sur elle n'ont pas aidé Marguerite à s'épanouir. Cet échec va laisser une trace indélébile pour les personnes qui l'ont connue et pour les responsables de l'Éducation Surveillée. Cette biographie cassée, cette histoire manquée, ce rendez vous avec une personne qui n'a jamais eu lieu, va provoquer la fermeture définitive du château prison de Cadillac, dernier reste des maisons de correction. Plus généralement, cette histoire singulière, qui est aussi celle de bien d'autres pupilles, interroge par le décalage entre les apports théoriques de la psychanalyse dans les années 45-50, et une pratique où les bonnes intentions emportent avec elles les scories du passé. Plus généralement, l'histoire de Marguerite interpelle sur notre capacité à avoir une pensée en phase avec l'action que nous menons à un moment précis de l'Histoire. Les auteurs: Béatrice KOEPPEL, Psychologue et Chercheuse CNRS. A publié: On m'a placé un peu partout, de la pénitence à la sexologie, Marguerite B.: une jeune fille en maison de correction - éd. Hachette- 1987, La vie qui revient dans un service de fécondation in vitro - éd. Calmann Levy 2000. Gabriel GONNET, Réalisateur et producteur, membre fondateur de l'association La CATHODE, a réalisé de nombreux films sur l'adolescence dans le cadre de la collection Un film pour en parler, le film le cinéma des pêches sur les débuts du cinéma à Montreuil, a reçu de nombreux prix en festival. Le film a été coproduit avec la chaîne ACQUI TV, PERIFILMS avec le soutien du Conseil Général de la Seine Saint Denis, du Centre National de la Cinématographie, de la PROCIREP, ainsi que du Ministère le Justice. Le fonds d'archives réuni pour ce film est considérable: 50 h. de rushs et de nombreux documents. Il sera déposé dans le fonds audiovisuel de la Direction Départementale des Archives de la Seine Saint Denis et mis à la disposition des chercheurs. |
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Le parcours de Marguerite est celui de la plupart des filles placées par la Justice jusque dans les années 50. Elle va être placée dans 4 types d'établissements:
-L'hospice de Saint Pol sur Ternoise -Le Bon Pasteur de Lille -La Prison d'Arras -L'institution Publique d'Éducation Surveillée de Cadillac en Gironde
C'est cependant un des premiers jugements obéissant à l'ordonnance de 1945 qui a totalement rénové la justice des mineurs en France (la majorité était à l'époque à 21 ans).
1/ L'hospice de Saint Pol sur Ternoise
Dans un premier jugement du 23 Mars 1948, Marguerite est placée à l'hospice de Saint Pol.
L'hospice de Saint Pol était à la fois un établissement de soins et un établissement d'asile accueillant des personnes âgées et des enfants ou des jeunes placés sur ordonnance du juge. L'hospice de Saint Pol était tenus par des religieuses de l'ordre de Saint Vincent de Pol.
L'hospice de Saint Pol était à côté du domicile de la mère de Marguerite ce qui explique que Marguerite en soit sorti pour aller battre sa mère.
Nous n'avons pas eu accès au archives de l'hospice de Saint Pol. Seul, le registre des entrées et sorties pour les soins mentionne l'entrée de la mère de Marguerite pour "équimoses" et l'entrée de Marguerite pour "intoxication par stupéfiants". Par recoupement, nous savons qu'il s'agit d'une intoxication par le gardénal qu'utilisait sa mère malade et très probablement d'une première tentative de suicide de Marguerite. Marguerite, rentrée pour soins à l'hospice y est ensuite placée jusqu'à sa majorité par le juge sous le régime de la liberté surveillée.
2/ Le Bon Pasteur de Lille
Les Bons Pasteur sont un ordre crée par sÏur Marie Euphrasie PELLETIER en 1835. Sa fondatrice, d'un grand charisme va essaimer des établissements dans toute la France. Les Bons Pasteur vont être la principale des congrégation à accueillir les jeunes filles placées par la justice.
Les règles de fonctionnement des Bons Pasteurs sont très précises et vont être imités par d'autres congrégations. On peut dire qu'elles expriment une véritable idéologie de l'accueil de la personne en difficulté issue du XIXème siècle et qui a subsisté jusque dans les années 50. Les premières réformes significatives ont eu lieu au milieu des années 50 et la laîcisation des établissements s'est opérée entre 1968 et 1997. Puis : Les valeurs inculquées sont en parfaite adéquation avec l'époque. Dans l'odre : a) la religion. Le premier but recherché est de "sauver les âmes". b) le travail (et non la formation professionelle). "Il faut inspirer à ces enfants pauvres l'amour du travail et les rendre habiles à l'ouvrage."
Ces principes s'appuient sur certaines régles :étaient les suivants: -Changement de prénom de la pupille qui entrait dans l'établissement de façon à ce qu'elle ne puisse pas être reconnue quand elle sortait. -Costume uniforme pour toutes -Règle du silence: il y avait même le grand silence et le petit silence. -L'objectif éducatif était la conversion et pour cela il fallait commencer par la pénitence avec deux moyens: prier et travailler. -Chaque pupille avait donc une" tâche" à remplir chaque jour et elle devait continuer à travailler si ce n'était pas fait. Les travaux consistait le plus souvent en des travaux ce couture: "tirer l'aiguille". -Un temps très important était consacré à la prière en commençant par la messe de très bonne heure le matin. -Au début du siècle, ces établissement n'étaient dotés d'aucun prix de journée. Les établissements devaient donc produire beaucoup pour pouvoir simplement manger. -Chaque établissement était divisé en 2 sections: les préservés (enfants placés pour être protégés) et les pénitentes (enfant placé parce qu'ils avaient commis une faute) -La fondatrice avait créé une catégorie de sÏurs, les sÏurs madeleines, qui concernait les anciennes pupilles qui souhaitaient devenir sÏurs.
En dehors de la supérieure qui voyait très peu les filles, les sÏurs ignoraient les motifs pour lesquels les filles étaient placées. D'après nos sources, il y avait très peu de différence de traitement entre pénitentes et préservés .
A partir de 1945, les inspecteurs de l'Education surveillé entrent dans tous les établissements Publics et privés. Les modes d'éducation et les carences des différents systèmes apparaissent : absence ou faiblesse de prix de journée, défaut de formation professionnelle, absence de formation et de préparation des jeunes fillesà la vie séculière à l'extérieur, archaîsmes éducatifs. 3/ La prison d'Arras
Marguerite séjourne quelques jours à la prison d'Arras en attendant de partir pour Cadillac. D'autres pupilles y sont restés plusieurs mois dans l'attente d'un placement en établissement..
4/ Le château prison de Cadillac
Cadillac est une maison de force et de préservation pour femmes qui accueille plus de 300 femmes au XIXème siècle.
Au début du siècle, Cadillac devient une école de préservation de la jeunes fille, c'est à dire une maison de correction laïque. Les principes y sont les mêmes que dans les établissements religieux.
En 1945, dés la libération, une nouvelle directrice Madame RHIEL, disciple du Docteur LAGACHE, psychanaliste en vogue, est nommée pour mener un réforme à Cadillac. La réforme comprend trois volets: -mise en place d'équipe d'une dizaine de filles avec une éducatrice reproduisant une vie familiale. L'éducatrice (il n'existe pas encore de formation à ce métier) accompagne les filles au lever, à tous les repas à la veillée, le samedi soir et le dimanche. -la formation professionnelle: Marguerite aura un diplôme de dactylo et passera le concours de l'école d'infirmière. -l'importance des loisirs.
A Cadillac, ce système fonctionne mais il coexiste avec des archaïsmes: groupes constitué en fonction du niveau de perturbation des filles, système des méritantes qui continue, utilisation de l'isolement et du cachot, utilisation des anciennes Cages à poules, on continue à utiliser les clefs à Cadillac
Dés son arrivée, Mme RHIEL pense que Cadillac sera inadapté à son projet de rééducation parce que demandant trop d'aménagement. Elle souhaite chaque famille ait son espace avec sa cuisine sa salle à manger, des bâtiments séparés et elle recherche un lieu en région Parisienne pour mener à bien son projet. Ce sera Brécourt qui sera une institution ouverte, sans clefs, avec un engagement demandé aux filles à l'entrée de l'établissement.
Mme RHIEL part en 1947 à Brécourt emmenant avec elle les "meilleures" pupilles et les "meilleures éducatrices". Cadillac devient un établissement "dépotoir" où on va mettre les filles les plus difficiles: les révoltés de Fresnes, les criminelles, les éjectés des Bons Pasteurs... Une nouvelle directrice est nommée qui va gérer cet établissement qui n'a plus de projet.
En 1951, Cadillac va fermer après le suicide de Marguerite suivi d'un autre. Il restera deux établissements Publiques en France: -Lesparre qui fermera en 1958: ce sera un établissement pilote, modèle des petits établissements décentralisés qui seront créés par la suite en France. Un très gros travail sera fait pour l'insertion professionnelle des jeunes qui y sont placés: une éducatrice se consacre à trouver des places à Bordeaux pour ses pensionnaires. -Brécourt fermera ses portes en 58 également parce que très excentré et parce que le métier d'éducateur évolue en réclamant une place pour la vie privée des éducateurs. Par ailleurs, le cote exclusivement féminin du personnel de Brécourt parait d'un autre temps, es pensionnats aussi...
5/ L'ordonance du 2 Février 1945
Marguerite a bien bénéficié de l'ordonnance de 1945. Cependant, la mise en place de cette ordonnance n'en était qu'à ses débuts. Marguerite n'est pas jugée pénalement responsable, mais elle est pourtant enfermée jusqu'à ses 21 ans ("jusqu'à la vingt et une" comme on disait avant l'ordonnance) et éloignée dans une mesure éducative qui apparait aux yeux des pupilles comme un vrai enfermement, dans le cas de Cadillac. Par ailleurs le rôle du juge dans le suivi éducatif ne peut guère s'exercer du fait de l'éloignement. La situation va évoluer jusqu'à nos jours en renforcant le côté éducatif des institutions, le fait qu'elle sont ouvertes et en renforcant le rôle du juge dans la continuité éducative.
Entretien avec Madame Recoules, Juge des enfants au Tribunal de grande instance de Créteil, (propos recueillis par Sylvie BERRIER au cours du film LA LOI-1999):
Dès le début du siècle, alors que les mineurs qui pouvaient être vagabonds, mendiants étaient interpellés parce qu'ils troublaient l'ordre social, très vite on s'est rendu compte que cette mise à l'écart était insuffisante et qu'il fallait surtout aider et éduquer ces mineurs à pouvoir s'insérer dans la société. Donc, les insuffisances du système sont apparues assez rapidement et cela a abouti, dans un premier temps en 1912, à ce que soient créés déjà, des tribunaux spéciaux pour les mineurs. Puis ensuite est intervenue la deuxième guerre mondiale où la France s'est trouvée en déficit humain important et rapidement, dans un souci démographique, il est apparu nécessaire de pouvoir rééduquer tout citoyen pour redonner une force vive à la nation. Et c'est dans cet objectif, qu'à été adopté l'ordonnance du 2 février 1945 qui reste le texte de base pour la justice pénale des mineurs et qui pose le principe de la nécessité de faire prévaloir l'éducatif sur le répressif.
Les différents rôles du juge des enfants Cette ordonnance du 2 février 1945 va créer le Juge des enfants, poser la spécificité du tribunal pour enfant et poser le principe de la continuité de l'action éducatrice. C'est à dire que le Juge peut intervenir à tout moment. Le mineur, lorsqu'une mesure éducative à été prise, peut être amené à rencontrer périodiquement le magistrat pour faire le point sur sa situation. Mais il y a des situations dans lesquelles on doit faire le constat de l'inéfiscience des mesures éducatives et là des mesures pénales peuvent être adoptées. Le deuxième aspect de la fonction du juge des enfants est l'aide aux parents en difficulté par le biais de l'assistance éducative et donc, là, plus spécifiquement la protection des mineurs en danger dans leur famille.
Les différents types d'infractions La loi pénale prévoie trois types d'infractions: les contraventions, les délits et les crimes. Les contraventions concernent généralement, pour les mineurs, les infractions au code de la route et sont jugées par le tribunal de police. Ensuite la distinction entre délit et crime se fait selon le quantum de la peine. Toute infraction punie de moins de 10 ans d'emprisonnement est un délit. Toute infraction punie de plus de 10 ans de réclusion est un crime. La loi distingue entre les délits punis de moins de 7 ans d'emprisonnement et ceux punis de plus de 7 ans. Un exemple de délit, c'est le vol simple punis de trois ans d'emprisonnement. Mais ensuite, en fonction des circonstances qui vont entourer la commission du délit, la loi va aggraver les peines. Par exemple, le raquette, c'est un vol avec violence, donc là, on passe à 5 ans. Puis il y a le raquette commis par plusieurs personnes et là, on passe à 7 ans. Et puis ce raquette en bande est commis sur un jeune de moins de 15 ans, qui est, comme les personne âgées, particulièrement protégée par la loi, donc cela constitue encore une circonstance aggravante et on passe à 10 ans d'emprisonnement.
A partir de quel âge un mineur est considéré comme responsable pénalement? Des paliers sont prévus par le loi pour toutes les questions de procédures. Le paliers minimale est celui de 13 ans, ensuite il y a un autre palier à 16 ans, puis à 18 ans on sort du champ de la justice des mineurs. Entre 13 et 16 ans, il est prévu qu'un mineur ne pourra pas être placé en détention provisoire, donc pendant l'instruction, sauf s'il y a une instruction pour une procédure criminelle. Entre 16 et 18 ans, le mineur peut être placé en détention provisoire, même pour des délits punis d'une peine de moins de 7 ans.
Au moment du jugement. Ensuite au niveau du jugement, le mineur de moins de 13 ans ne peut pas se voir appliquer de sanctions pénales. Mais à partir de 13 ans et jusqu'à 18 ans si aucune mesure éducative n'est envisageable, parce que les faits sont trop graves, parce que la personnalité du mineur ne le permet pas, une sanction pénale peut être prononcée. Le mineur peut se voir reconnaître le bénéfice de l'excuse de minorité et on le juge sur une base de peine qui est diminuée de moitié par rapport à un majeur. Cette excuse de minorité, néanmoins, peut être écartée, soit parce que les faits sont particulièrement graves, soit parce que c'est un mineur proche de la majorité, multirécidiviste pour lequel des tentatives de mesures éducatives ont échouées et là, on peut écarter le bénéfice de l'excuse de minorité et juger sur la base de la peine encourue par un majeur.
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L'enfance de Marguerite -12 Avril 1930: Naissance à Pas en Artois(Pas de Calais), village où ses deux parents sont instituteurs. -Divorce des parents: le Père reniera sa fille Marguerite. -Le mère de Marguerite est atteinte d'hémiplégie du côté droit -Marguerite est placée chez une tante. Une année scolaire est passée en Tunisie. -1939: Marguerite est scolarisée à Saint Pol. Elle vit chez sa mère.
La guerre -1939: bombardement de la gare d'Arras, la mère est amputée des 2 jambes. -Durant la guerre, Marguerite est au pensionnat Notre Dame à Arras -Ordonnance de 1945 créant les tribunaux pour Enfants et réforme des anciennes écoles de préservation en Institution Publique d'Éducation Surveillée (IPES) -Retour de Marguerite à Saint Pol sur Ternoise.
Le parcours judiciaire -1947: procès verbal des gendarmes: Marguerite a battu sa mère. -La mère de Marguerite rentre à l'hospice pour équimoses. Marguerite la suit 10 jours après une première tentative d'empoisonnement au gardénal. -1947: Départ de Mme RHIEL, première directrice de l'IPES de Cadillac qui a mené la réforme, de certaines éducatrices et de certaines pupilles pour créer un établissement pilote à Brécourt (Oise). -Jugement du 23 Mars 1948: Marguerite est placée à l'Hospice de Saint Pol jusqu'à sa majorité. -Avril 1948: Marguerite sort de l'hospice et va battre sa mère qui habite à côté. -8 avril 1948: Marguerite est placé au Bon Pasteur de Lille: "Comportement déplorable et excentricités de mauvais goût" -Nomination d'une nouvelle Directrice à l'IPES de Cadillac. -Jugement le 21 juillet 1948 du Tribunal pour Enfants et Adolescents de Saint Pol sur Ternoise(TEA). -Séjour à la Prison d'Arras.
1948: Cadillac -Départ de Marguerite vers l'Institution Publique d'Éducation Surveillée de Cadillac (Gironde): arrivée le 8 Août 48 -25 Octobre 48: visite de sa mère au Château. -Fin Janvier 1949: Évasion. Marguerite est ramenée par 2 méritantes rencontrées sur sa route.
1949: Cadillac -Février 1949:. Marguerite "casse des carreaux" dans son dortoir. -Mars 49: chahut le soir -18 Avril 1949: évasion au cours d'une promenade. Marguerite est arrêtée à Perigueux le 21 Avril. -24 Avril: retour à Cadillac. -22 Mai: Marguerite passe l'examen théorique de dactylographie. -Juin 49: isolement 10 jours. -21 Juin : cachot -8 Juillet: Diplôme de Dactylo avec la mention bien. -Juillet 1949: La mère de Marguerite va s'installer à l'hospice de Preignac à côté de Cadillac. "Marguerite va lui rendre visite et en profite pour la voler" -4 Août : Marguerite est placée à l'isolement. -9 Août 1949: à l'isolement, Marguerite écrit sa première lettre à la Directrice. C'est la plus longue : 3 pages et Marguerite évoque son histoire et ses inquiétudes par rapport à l'avenir. -31 Août 49: Marguerite fait un projet d'évasion et écrit à la Directrice à ce sujet. Elle ne met pas à exécution son projet. -10 Octobre 1949: Marguerite est au cachot. 3ème lettre à la Directrice. -Décembre 49: isolement
1950: Cadillac-Lesparre-Vacances-Cadillac -1er Janvier 1950: fin de la punition -12 Février 1950: "amitié douteuse", elle est placée au dortoir vert" -13 Février: "elle casse tout au dortoir vert" -17 Février 1950: elle est transférée à Lesparre: ancienne prison d'une dizaine de place avec 2 éducatrices pour les filles les plus difficiles. Lesparre est le premier exemple de petite structure en opposition aux grandes institutions, comme Cadillac ou Brecourt, qui étaient les plus nombreuses à cette époque là. "L'atmosphère à Lesparre était plutôt sympathique" dit un éducatrice. -22 Mai 1950: tentative d'empoisonnement au gardénal qu'une éducatrice "a laissé dans la bibliothèque" -27 Mai: automutilation de Marguerite: "elle s'enfonce des aiguillés à tricoter dans le bras". Ellle est envoyé à l'hôpital St André pour extraction. -28 Mai: nouvelle automutilation -29 Mai: visite de la Directrice qui voit longuement Marguerite -5 Juin: Marguerite ne mange pas -Mardi 6 Juin: Marguerite est envoyée au service de neuropsychiatrie à Bordeaux. Le médecin rappelle pour dire que" Marguerite est une simulatrice et qu'elle doit rejoindre l'établissement". La directrice répond: "Qu'on veuille bien considérer Marguerite comme une malade comme les autres et non comme une de ses pupilles" -19 Juin 50: Le service de Neuropsychiatrie de Saint André déclare que Marguerite a un comportement normal et qu'elle désire rejoindre l'établissement" -Juillet 1950: Marguerite retourne à Lesparre. -Fin Juillet: nouvelle phase de dépression -13 Août 1950: lettre de Marguerite à la Directrice. Marguerite est contente de partir dans un camp où la Directrice l'a invitée. -17 Août: Camp de Vacances à Accous -8 Septembre: vacances à Oloron dans la famille de la Directrice. elle vole de l'argent -21 Septembre: elle passe son examen d'infirmière qu'elle rate. -Fin Septembre: elle rentre à Cadillac -10 Octobre: "excellente disposition, nous parlons longuement" -11 Octobre 1950: dernière lettre de Marguerite à la Directrice: "considérez moi autrement que comme un échec dans vos travaux." -30 Octobre: on lui propose "le nettoyage des douves"
31 Octobre 1950: le suicide de Marguerite -31 Octobre 1950: Marguerite est trouvée "pendue aux barreaux de sa chambrette". "Tous les essais de réanimation sont restés vains." -1er Novembre 1950: enterrement de Marguerite au cimetière de Cadillac. -12 Avril 51: Marguerite B. devait être libérée pour ses 21 ans.
La fermeture des établissements -En 1951: fermeture définitive de l'IPES de Cadillac. -16 Mars 1957: Sa mère demande des nouvelles de sa fille, elle ignore sa mort. -1958: fermeture de Lesparre. Brécourt est remis en cause. |
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-Les lieux du film - Bibliographie - |
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LES LIEUX ÉVOQUÉS DANS LE FILM Le château de Cadillac peut être visité aujourd'hui. Certaines visites consernent l'histoire du Château-prison. Château de Cadillac - Place de la libération-33410 Cadillac - Tél.: 05 56 62 69 58 Établissements pour filles: Château de Cadillac (Gironde) et son annexe l'ancienne prison de Lesparre dans le Médoc à côté du Palais de Justice, Brécourt (Oise), Clermont de l'Oise, Doullens, Fresnes.
Établissements pour Garçons: Belle Ile sur Mer, Mettray, Saint Maurice, Saint Hilaire...
Lieux de placements des filles: Les Bons Pasteurs, on trouve des anciens Bons Pasteur dans la plupart des grande ville de France: nous avons visité celui de Saint Omer devenu aujourd'hui le COT Anne Franck, la congrégation a son siège à Angers, les "nouveaux" refuges (Institut Adorrant à Rouen, La solitude des petits châtelets à Alençon, le COR de Chevilly la rue). L'hôpital psychiatrique Charles PERRENS. anciennement Château-Picon à Boredeaux où fut enfermée la mère de Marguerite.: C'est un modèle d'architecture asilaire de la fin du XIXème siècle. Le Psychiatre qui a suivi Marguerite y termina sa carrière.
BIBLIOGRAPHIE
Marguerite B.: une jeune fille en maison de correction Béatrice KOEPPEL - éditions Hachette - 1987- épuisé Ce livre est épuisé. On peut se le procurer en bibliothèque. Nous espérons une réédition prochaine. Les notes du livre présentent une excellente bibliographie sur l'histoire de la psychologie et de la psychanlyse en France jusque dans les années 50
Les Maisons de correction - 1830-1945 Henri GAILLAC - éditions CUJAS - 1991 L'ouvrage le plus complet sur les maisons de corrections de l'avant guerre. Très bonne Bibliographie.
La femme criminelle et la prostituée C. LOMBROSO et G. FERERO - Paris - éditions F. Alcan- 1896 Ouvrage qui fit le tour du monde au début du siècle dernier - Un florigège de mysoginie - Cet ouvrage a été réédité - Il restera la caricature de que peut être un scientisme nosographique et imbu de lui-même. Surveiller et punir
Michel FOUCAULT - éditions Gallimard - 1975 Une technologie nouvelle: rendre les individus "dociles et utiles" - Un ouvrage décisif dans la connaissance de l'histoire des prisons.
L'impossible prison: recherches sur le système pénitentiaire au XIX ème siècle. Réunies par Michelle PERROT - éditions du Seuil - 1980
L'enfance inadaptée: l'héritage de Vichy Michel CHAUVIÈRE - éditions ouvrières - 1980 Ce livre analyse les nouveaux concepts qui se sont créés dans l'après guerre: enfance inadaptées, rééducation, le métier d'éducateur.
sur l'actualité : Justice pour les enfants Jean Pierre ROSENCZVEIG - éd.: Robert LAFFONT - 1999 - une semaine dans le cabinet d'un juge pour enfants aujourd'hui/ quelques sensibles différences avec le passé!
le Journal du Droits des Jeunes 16 Passage Gautbois - 75012 Paris Tél.: 01 40 37 40 08 - Fax: 01 40 37 41 25 - Mel: jdj@skynet.be
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- Adresses ressources |
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OU S'INFORMER?
Association pour l'Histoire de l'Éducation Surveillée et de la Protection Judiciaire des Mineurs. CNFEPJJ - 54 Rue de Garches - 92420 Vaucresson - Tél.: 01 47 95 98 24
CNAHES-29 Rue Gabrielle-75018 Paris - Tél.: 01 44 07 02 33 - Fax: 01 45 39 49 85 site internet: http://buweb.univ-angers.fr/EXTRANET/CNAHES
Exposition sur le Bon Pasteur de Saint Omer - COT Anne FRANCK-Paul CHARONNAT 7 rue Henri Dunant - 62 Saint Omer-Tél.: 03 21 38 50 55 ou 03 21 98 62 56
Bibliothèque du CNFEPJJ 54 rue de Garches - 92420 Vaucresson - Tél.: 01 47 95 98 78 sur rendez vous
Bibliothèque du CEDIAS - Musée Social 5 rue Las Cases- 750077 Paris - Tèl.: 01 47 05 92 46
Château de Cadillac Place de la libération-33410 Cadillac - Tél.: 05 56 62 69 58 - Fax: 05 56 62 60 73
Bibliothèque de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales 105 Boulevard Raspail - 75006 Paris - Tél.: 01 49 54 20 60
Les Ruhs et la documentation du film seront déposés à: Direction Départementale des Archives de la Saine Saint Denis Contact : Christine PEREZ-18 Rue Salvador Allende - 93000 Bobigny - Tél.: 01 48 30 71 71
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-Avant-propos du livre de Béatrice KOEPPEL: Marguerite B. une jeune fille en maison de correction |
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AVANT-PROPOS du livre Marguerite B.: une jeune fille en maison de correction par Béatrice KOEPPEL éd.Hachette-1987
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Ce dossier, gardé précieusement dans les archives, on me l'avait laissé. Marguerite B. avait, par son suicide, clos à jamais ce vieux château de Cadillac, ancienne maison centrale de femmes devenu à la fin du siècle dernier un établissement correctionnel pour mineures. Un dossier pareil je devais en parler, quoi qu'il arrive, parce que je devinais déjà qu'il pouvait retourner dans les boîtes de la Justice pour ne plus en sortir, comme les autres. Je ne sais pourquoi, encore de nos jours, on n'ose pas reprendre cette partie de notre histoire. Peut-être parce qu'elle est trop sinistre. Ou peut-être la considère-t-on comme inintéressante ? c'est vrai que les lois et les coutumes sur les enfants ont bien changé depuis 1850, date à laquelle ont été créés ces établissements spéciaux et les moeurs ne sont plus à dompter les mauvais instincts des enfants. Pourtant en 1950, un siècle plus tard, Cadillac existe toujours, mais un nouveau discours s'installe dans ses murs et le personnel n'est plus composé de gardiennes de la pénitentiaire et des soeurs de la Sagesse. C'est la mort de Maguy. L'enterrement en ce début du mois de novembre dans le cimetière gris. Les usages ont été respectés. Après le constat du décès par pendaison (31 octobre 1950), les méritantes ont veillé le corps dans le parloir sombre, transformé en chapelle ardente pour cette occasion. Les autorités sont arrivées en habit noir, les élèves sont graves, le personnel recueilli, la directrice s'est chargée de toute la cérémonie funèbre. C'est ainsi qu'on meurt à Cadillac. Comment ne pas se souvenir de la voix cassée de Pauline de Grandpré, nièce de l'aumônier de Saint-Lazare, décrivant le sort des détenues dans les mémoires prêtées à Mme... "Quand une détenue vient de mourir, on la laisse deux heures dans son lit sans la toucher, lorsqu'un interne est venu constater le décès, on la descend dans la cellule des morts où se trouve une statue de la Sainte Vierge qui se détache sur le mur peint en noir "A Notre Dame de la Bonne Mort". On enveloppe la trépassée dans un rouleau de grosse toile grise, la serpillière. On appelle cela mettre les morts à refroidir. L'impression que je ressens est sinistre : la solitude de cette chapelle plongée dans l'ombre l'absence de la famille (...). Après les dernières prières de l'Église, un corbillard solitaire l'a emportée vers larme versée sur ce cercueil !" Aucun vrai et profond chagrin ne vient à pleurer la disparue. Cadillac, en 1950, ce n'est pas Saint-Lazare en 1860, mais en fil les relie. C'est encore le système des croix, des section, le silence n'est plus de rigueur mais les lieux respirent la même émotion. La Cour carrée où sont plantés quelques arbres serait identique : "Tu sais (disait Pauline Grandpré à son amie) combien j'aime les grands arbres et la verdure, eh bien !, c'est bizarre, mais ceux-là n'éveillent en moi aucune gaieté, leur vue m'attriste plutôt." Les discours sur les femmes en prison ont souvent été tenus par des criminologues pointilleux, épris de nosographie classique, mais aussi par des personnalités sensibles qui ont voulu laisser des traces plus vivantes. Ce dolorisme propre à la littérature criminologique sur les femmes en prison ont souvent été tenus par des criminologues pointilleux, épris de nosographie classique, mais aussi par des personnalités sensibles qui ont voulu laisser des traces plus vivantes. Ce dolorisme propre à la littérature criminologique sur les femmes n'a pas pour autant arrêté un système punitif très dur, il en a été de même pour les enfants soumis à un régime des plus barbares dans les maisons de correction. Dans ce vieux château de Cadillac qui ferma ses portes définitivement après 1951, jusqu'au bout les habitudes se sont conservées. La mort de Marguerite B. y mit un terme. Le rapport d'inspection sur Cadillac en 1951 est exemplaire : "Conclusion. Suppression de Cadillac comme établissement de filles : Il résulte de l'examen de la situation actuelle de Cadillac qu'il y a lieu de décider la fermeture de cet établissement en tant que maison de rééducation pour fille difficiles. Tous les efforts qui seraient faits pour rouvrir l'établissement et recommencer une nouvelle expérience éducative seraient illusoires et ne couvriraient pas l'Administration contre des risques certains. La conclusion qui s'impose est que la maison de Cadillac est inadaptée aux besoins de la rééducation : la dispersion des locaux, le labyrinthe des couloirs et des escaliers, l'aspect particulier des bâtiments mettent au premier plan les problèmes de surveillance, essence du système pénitentiaire. En limitant la question à ce point de vue élémentaire, la surveillance de Cadillac est difficile. Cadillac n'offre aucune sécurité. Cadillac est un symbole du passé et du plus mauvais passé pénitentiaire de l'Éducation surveillée. Ses pierres parlent et perpétuent les pires traditions. En dépit d'efforts considérables, une ambiance carcérale s'y recréerait très vite. En fermant Cadillac, l'Éducation surveillée tirera un trait sur la dernière page de son histoire pénale." J'avais retrouvé presque tous les protagonistes de ce drame dont on parle aujourd'hui encore. Lors d'un colloque, le 27 avril 1984, ils sont là ceux qui ont réformé la situation des jeunes, après la Deuxième Guerre mondiale. M. Costa et M. Lutz se souviennent, 34 ans plus tard, de Marguerite B. Nous déjeunions à la même table. La salle à manger du Centre de formation de l'Éducation surveillée était comme à l'ordinaire bruyante d'éclats de voix, les visages des travailleurs sociaux éclairés d'intérêt et de bonne grâce pour leurs compagnons de stage, tous animés par le plaisir de comprendre les problèmes de notre temps. Ce type de cantine où le sérieux des spécialistes se mêle au rire des profanes donne toujours à cette vaste pièce une ambiance faussement désinvolte qui peut susciter une lassitude infinie quand on connaît, pour trop les avoir entendues, les conversations qui s'organisent autour de la crise du travail social. Marguerite B., en ce mois d'avril 1984, quand M. Lutz et M. Costa l'évoquaient, à la fin du repas, devenait un cas, un parmi les autres, une délinquante difficile qui, malgré tout, "avait bouleversé notre réussite, car pour nous après la guerre, une vie humaine valait très cher", répétait M. Costa à son voisin de table. " Oui, ce suicide nous a tous arrêtés et on s'est dit, on ne peut pas continuer comme ça." C'est-à-dire continuer à mettre les pupilles à l'école de Préservation de Cadillac, continuer à les installer derrière des grilles et au fond des cachots. M. Lutz répétait en buvant une tasse de café : "Quel choc pour nous, on avait tant réfléchi à son cas, car elle était intelligente (...) du coup j'ai fait fermer cet établissement." Paul Lutz avait sillonné la France pour mettre son idéal éducatif au service des jeunes, quant à Jean-Louis Costa, directeur de l'Éducation surveillée en 1946, il avait rédigé un plan de réforme, aux accents gaulliens : "Dès son installation dans la capitale libérée, le gouvernement provisoire de la République française, soucieux de combattre la vague de démoralisation qui, depuis plusieurs années, déferlait sur la jeunesse, a affirmé sa volonté de réformer les institutions protectrices de l'enfance. Spécialement responsable de la sauvegarde des mineurs délinquants, le ministère de la Justice a mis aussitôt en chantier une refonte complète de la législation de la minorité pénale. Utilisant à la fois les travaux de la "commission d'Alger" et ceux qu'avaient menés sous l'occupation, d'une part, le service de l'Éducation surveillée, d'autre part, le tribunal pour enfants de la Seine, la Chancellerie a pu en quelques mois, doter les mineurs délinquants d'un nouveau statut juridique et les services de l'Éducation surveillée d'une organisation répondant aux conceptions les plus récentes de la criminologie et de la pédagogie." Ces fondateurs d'une législation sur l'enfance délinquante sont, par une ironie du sort, dans notre histoire tragique, les personnages clefs de l'action dramatique, n'arrivant pas à enrayer les rouages mortifères du vieux château de Cadillac. On peut aller jusqu'à se demander si Marguerite ne fut pas une victime de cette ordonnance de 1945, conçue pour s'opposer à l'ancienne législation trop sévère. M. Costa critiquait les textes, M. Lutz s'attaquait à leurs applications, dans l'effervescence des années d'après-guerre. Le discours du Code pénal depuis 1810 avait donné aux enfants une place à part dans la Justice. Jusqu'en 1945, si le mineur avait agi sans discernement, il y avait trois solutions : dans le meilleur des cas, il était acquitté ou remis à sa famille ; la plupart du temps on le plaçait dans une colonie pénitentiaire jusqu'à vingt ans, non pour le punir mais pour qu'il subisse une éducation corrective. Si le mineur avait agi avec discernement, il était condamné à être enfermé dans les quartiers spéciaux pour enfants dans les prisons (Gaillon, 1920 ; Strasbourg, 1824 ; Rouen , 1826). Mais qu'ils soient en prison ou en colonie correctionnelle, le régime imposé aux mineurs revenait presque au même. Le personnel pénitentiaire utilisait des méthodes disciplinaires très strictes (cellule, silence, brimades, punitions corporelles). Les peines ou l'éducation correctionnelle reposaient sur un principe unique : les enfants simplement vicieux, n'ayant commis aucun acte répréhensible grave, ou ceux qui en ont commis mais, ne trouvant pas dans leur famille une éducation suffisante au point de vue de la moralité et de la fermeté, ont besoin d'un châtiment sérieux, d'une correction sévère. Cadillac fut un de ces établissements ayant le triste privilège d'être d'abord une maison centrale de femmes, puis un établissement correctionnel pour mineures, enfin une institution publique de l'Éducation surveillée. Chaque conception nouvelle s'est concrétisée par un style spécial donné à l'établissement, jusqu'en 1950. Le dossier est une pièce maîtresse pour comprendre la complexité d'un sujet qui nous dépasse. Dans une bâtisse hermétique, l'application des textes officiels s'est toujours faite à l'insu des hommes de loi, comme si les règlements intérieurs, la force des habitudes, les conflits personnels régissaient la vie des pupilles en dehors du monde. Que s'est-il vraiment passé dans tous ces lieux fermés dont plus personne ne parle ? Les juristes et les criminologues nous ont légué leurs textes de lois et leurs réflexions, mais qui peut s'intéresser à ces morceaux choisis sans imaginer comment se jouait la partition? Les prisons de femmes et d'enfants ont été longtemps des dépotoirs dans lesquels croupissaient des êtres pour lesquels il n'existait aucun traitement personnel. Leurs traces furent effacées au fur et à mesure car on ne prenait pas la peine de noter les particularités de chacun. A cet égard, la constitution des dossiers révèle la volonté de sortir cette population d'un magma confus. A l'âge classique, les prostituées ont été internées avec des "insensées" dans l'hôpital de la Salpêtrière et avec des criminelles dans la prison de Saint-Lazare. Voilà comment Desportes décrit les cages dans lesquelles elles furent enfermée : "Ces loges situées au niveau des égouts étaient non seulement bien plus insalubres, mais de plus, un lieu de refuge pour une foule de gros rats qui se jetaient la nuit sur les malheureux qu'on y enfermait, et les rongeaient partout où ils pouvaient les atteindre ; on a trouvé des folles les pieds, les mains et la figure déchirés de morsures souvent dangereuses dont plusieurs sont mortes." Les enfants plongés dans les trous noirs des prisons allaient rejoindre les femmes en salle commune. A Dépôt, jusqu'à la fin du siècle dernier, les tout-petits étaient placés dans le quartier des femmes ; on les voyait errer lamentablement dans les couloirs ou dans les vastes pièces des délinquantes de droit commun. A Saint-Lazare, "le quartier des mineures prévenues" essaya à partir de 1892 d'isoler les petites des grandes car jusque-là, les petites filles étaient internées à la conciergerie de la prison, dans des conditions absolument déplorables. Tout va se défaire quand les théoriciens de la justice exigeront l'isolement cellulaire si rédempteur et pour les femmes et pour les enfants. Joséphine Mallet, en 1843, écrivit un ouvrage précieux, dédié à Mme la princesse Adélaïde d'Orléans sur les femmes en prison. Déjà elle mettait l'accent sur la spécificité d'une criminologie féminine. Chez la femme, les passions dominantes sont la vanité, l'amour et la jalousie. La vanité amène le vice, la jalousie et l'amour sont les causes déterminantes des quatre-vingt-dix centièmes des crimes contre les personnes dont elle se rend coupable. La part des femmes du peuple est immense écrit J. Mallet. " Elles se rendent coupables de tous ou presque tous les infanticides, meurtres, assassinats, parricides, empoisonnements, attentats à la pudeur, faux témoignages..." Les causes du passage à l'acte criminel chez les femmes, nous dit-on, proviennent de l'irréligion, d'un défaut d'éducation, de leur égoïsme naturel et, bien souvent, de leur perversité innée. L'analyse de J. Mallet sera reprise pour la criminalité infantile comme si les êtres faibles et démunis que sont, pour les criminologues de l'époque, les femmes et les mineurs étaient animés d'une même âme déficiente. Les meilleurs remèdes sont ceux prônés par Moreau-Christophe : " l'isolement individuel préparera au repentir ; elles béniront au fond de leur coeur toutes les personnes qui auront travaillé de concert à leur régénération." La répression et la purification des âmes devront s'exercer dans des cellules solitaires et les enfants comme les femmes, mais séparés, pourront s'amender de leur tare originelle. Les visées scientifiques et les moeurs carcérales ont grandi ensemble. Les conceptions pédagogiques sur l'enfant justifièrent la création dès le milieu du XIXe siècle de lieux austères qui furent pour beaucoup un enfer. Quant au femmes, elles eurent elles aussi, à subir les effets des discours éthiques et psychologiques ramenant leur délinquance à leur goût pour le mensonge et à leur faiblesse "atavique". Mais en 1950, à Cadillac, qui était donc Marguerite ? Pourquoi est-elle là ? La note de Mme la directrice annonçant le décès de la pupille nous en trace un portrait touchant. Cette missive fut envoyée au garde des Sceaux.
Lettre au garde des sceaux
"J'ai l'honneur d'attirer votre bienveillante attention sur ce cas difficile ainsi que sur toutes les mesures qui ont été prises pour tenter de rééduquer et de réadapter socialement cette élève décédée dans des circonstances tragiques dans la matinée du 31 octobre 1950. "Dès les premiers jours, Marguerite avait révélé une intelligence vive orientée surtout vers la littérature, un esprit curieux des mécanismes psychologiques du psychisme de chacun et surtout des réactions qu'elle suscitait et provoquait dans son entourage. "Malgré les exagérations renouvelées de son comportement et certaine maturité d'esprit, on crut aux manifestations de la crise d'adolescence. Compte tenu de son intelligence, de son hérédité, de ses élans périodiques et sincères, je crois, toute une série de d'expériences des plus individualisées et en marge de la discipline intérieure furent tentées en sa faveur. "Il est à noter qu'elle nous avait été confiée pour coups et blessures sur la personne de sa mère, mutilée et très diminuée, et qu'elle avait déjà tenté avant son entrée à l'établissement de s'empoisonner au gardénal. Elle récidiva à Lesparre puis par ses introductions de corps étrangers dans le bras, elle manifesta ces mêmes dispositions toujours de façon spectaculaire. A-t-elle été victime de sa simulation ? Son passé, la bande de drap attachée par une rosette à un barreau vertical alors qu'il y avait un croisillon qui aurait assuré une plus grande solidité, l'heure à laquelle on situe le drame peuvent laisser supposer qu'une fois encore, elle voulait peut-être se livrer à une mise en scène. Néanmoins, ce sont des gestes qui trahissent un déséquilibre réel et qui étaient en dysharmonie avec son intelligence. On les explique par sa profonde perturbation affective, son hérédité et les traumatisme dus au contact de sa mère et aux circonstances. "Maguy était une malade pour laquelle les thérapeutiques appropriées et les établissements de cure sont inexistants. "A cet être exceptionnel, je me suis efforcée en dépit de la discipline et des exigences de la collectivité d'appliquer des mesures d'exception qui auraient pu favoriser sa stabilisation et son insertion sociale. Certes Maguy appréhendait son départ dans la vie, elle avait besoin de se sentir entourée, épaulée, elle ne vivait que de l'impulsion donnée ou de la réaction créée, toujours dominée par le souci d'éprouver la personne qu'elle prétendait aimer ou admirer. Les quelques lettres et rapports joints permettent de saisir la complexité de ce caractère pour lequel se sont posés les problèmes de perversion intellectuelle et de malignité. "Malgré cette fin tragique, cet échec total, j'ai conscience d'avoir fait pour Maguy, tout ce qu'il était humainement possible de faire. Le Directrice."
Ce document révèle les contrastes d'un nouveau discours sur la délinquance féminine : tableau impressionniste centré sur le personnage principal, nimbé de touches obscures claires exprimant les sentiments contrastés de la directrice. Les procédés les plus usuels, les principes noirs de la répression, les notions sordides ressortent de ce récit tout autant que les concepts éclatants de modernité tels que la crise d'adolescence et la réadaptation sociale. Ce serait une méprise de ne voir qu'une seule trame de discours dans le dossier de Marguerite. Les allusions à l'hérédité", au fait "qu'elle était une malade", "les problèmes de perversité et de malignité", rappellent les représentations du XIXe siècle et nous rapportent intactes les traces du passé. En revanche, des termes comme "réadapter socialement cette élève", ou "on crut aux manifestations de la crise d'adolescence", ou même "une profonde perturbation affective" affirment la présence claire et modulée d'une nouvelle inscription des femmes dans la délinquance. Ces contrastes apparents se côtoient, s'alimentent, encore en 1950. En fait, Marguerite a commis des délits graves, que la loi a coutume de sanctionner et de reconnaître comme les preuves d'une insoumission aux règles élémentaires de la vie sociale -coups et blessures à sa mère. N'est-ce point le pire des crimes pour une fille, quand on sait que sa mère, de surcroît, était infirme, diminuée physiquement, sans la possibilité même de se défendre ? Vols répétés de sa mère, et dans la famille de sa bienfaitrice, alors que chacun s'efforçait d'aider cette mineure plutôt que de la punir. On découvre tous les efforts accomplis par la directrice, les signes d'hospitalité de sa propre famille pour couvrir ces "indélicatesses", c'est-à-dire les vols de cette jeune pupille. Voleuse certes, mais également acharnée à se détruire elle-même par n'importe quel moyen, cherchant la mort comme complice, telle apparaissait Marguerite B. après son suicide. N'était-elle point victime d'un "simulacre" d'une "mise en scène ratée" qui jetait un discrédit sur sa vie puisque le fait de mourir n'était qu'un jeu. Le dossier nous révèle la ténacité d'une psychologie archaïque donnant à cette jeune femme un penchant particulier à la menterie, à la simulation, qui enlève à ses actes leur valeur authentique. Il se présente dans son unité d'action de temps et de lieu comme une pièce de théâtre bien construite. On découvre dans cette archive les secrets d'une Justice appliquée, les moeurs et les mentalités des personnes chargées de rééduquer les mineures difficiles qui leur sont confiées. La correspondance, quelques photos, des fleurs séchées attestent d'une présence véritable. Marguerite B., je l'ai choisie parce que, par son suicide, elle est à l'origine de la fermeture de Cadillac, mais ce n'est pas l'unique raison. En effet, un autre suicide a suivi celui-ci, et ces deux décès ont obligé le ministère de la Justice à refermer les portes du vieux château du duc d'Epernon. Il n'y a pas longtemps, j'ai reçu dans un bureau de l'administration, Mme Duval, qui s'est occupée personnellement de Maguy. Elle m'en parla avec des trémolos dans la voix, mais elle n'a pas oublié Lucette qui a succombé très peu de temps après sa camarade de détention. Malgré son émotion, le lieu où se déroule l'entretien crée l'ennui ; les tampons et les cartons gris rendent cet entretien fade; comme toujours dans ces institutions de Justice où l'on finit par trouver tout égal.
Le deuxième suicide de Cadillac
"Quelques mois après, une deuxième pupille s'est tuée dans un cachot où elle était enfermée. Lucette D., d'origine nord-africaine, avait un côté explosif, elle entraînait ses camarades à des foires. Une éducatrice l'a mise au cachot à Cadillac, et cette malheureuse Lucette tapait, tapait. Et Raymonde (l'éducatrice) me disait : "Je ne céderai pas, je ne céderai pas ...", jusqu'au moment où le silence s'est appesanti au sous-sol. Raymonde a découvert la morte. Elle était dans l'horreur ; comme elle a regretté, elle se fait encore des reproches. Elle est rongée de remords, jamais elle n'avait pensé que Lucette D. se tuerait." Je préfère m'en tenir à un seul cas, celui de Marguerite B. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, mon intérêt pour ce dossier provient de sa banalité et du fait qu'il suscite rarement des sentiments de compassion à l'égard de la victime. Trop de criminologues ont su présenter des cas douloureux, tirant les larmes des lecteurs tout en préconisant des mesures féroces de répression et des analyses psychologiques impitoyables pour les femmes et les enfants. Au XIXe siècle, la manière de traiter la délinquance des filles, les formes par lesquelles s'exprimaient les auteurs d'ouvrages centrés sur la criminologie féminine oscillaient entre des concepts lourds d'inefficacité et une sensibilité larmoyante. La mort a été le thème par excellence de la littérature criminologique consacrée aux femmes délinquantes. Mourir et mentir faisaient partie de l'éternel féminin. Ces deux dispositions, tout au long du XIXe siècle, ont été mises en valeur par les spécialistes de la condition féminine en prison. Pour eux , se suicider est un acte aussi grave que celui de voler. Les femmes avaient ce mauvais penchant. Raymond de Ryckère, qui a longuement étudié les femmes et la mort en milieu pénitentiaire n'écrivait-il pas : " La femme ment sans cesse et encore plus en prison" ? Il aurait pu ajouter : elle cherche à se tuer et davantage en prison. Les idées les plus répandues, entre autres par le docteur Corre, et reprises par de Ryckère, sont l'attrait de ces malheureuses pour la mort ; elles aiment mourir, "c'est l'intensité du sentiment religieux qui donne à la femme une supériorité remarquable sur l'homme au moment suprême de son expiation". Aucune indulgence pour les suicidées, car "le crime et le suicide sont comme deux rivières qui prennent leur source sur deux plateaux d'incitabilité très voisins, la morbidité, la dégénérescence et la folie comblent fréquemment l'intervalle et confondent les sources, elles se jettent toutes deux dans le grand fleuve antisocial". Une seule exception à cette condamnation sans appel : la relation d'amour mère-enfant inspire de la bienveillance. La littérature criminelle contient des pages touchantes. Les auteurs pardonnent à une mère se sacrifiant pour son enfant aimé, risquant la prison pour des vols de première nécessité. Une de ces malheureuses avait été condamnée ; elle avait accepté sa peine avec courage, mais sa petite fille meurt et aussitôt elle recherche à se tuer. Une autre ne veut pas laisser emporter son enfant qui vient d'expirer. Elle le berce sur ses genoux, elle le couvre de ses baisers et, dans un accès de désespoir, devant toutes les autres détenues qui mêlent leurs larmes aux siennes, elle s'écrie : "Pardonne, pardonne à ta mère de t'avoir amené dans cette prison pour y mourir." Mais Marguerite n'est pas dans cette situation ; au contraire elle s'est conduite comme la pire des filles à l'égard d'une mère infirme. Elle n'est ni une mère en détresse ni une fille exploitée. On pourrait dire qu'elle fait partie des délinquantes pour lesquelles on n'a aucune pitié. Ce point du dossier avait aussi fixé mon choix. Pas de misérabilisme, ni de cas social douloureux pouvant conforter la scission entre les victimes et les coupables. Au contraire, on allait prendre ce type de personnage qui n'inspire pour ces méfaits et sa personne qu'antipathie et lui redonner une dimension tragique, tout en évitant une complaisance attendrie. Le dolorisme, au XIXe siècle, s'alliait à la prescription d'une éducation correctionnelle très sévère. Aujourd'hui, les discours sur le travail social se piquent d'anticonformisme mais sont bien ajustés par les spécialistes qui l'utilisent comme un instrument de travail. Ce nouveau langage dénonciateur consolide une certaine connivence entre nous, qui employons les mêmes références et la même conscience révoltée. Cadillac fut le lieu cruel des femmes, puis des enfants punis. A partir de 1891, les filles y ont été placées pour des motifs divers qui ont changé selon l'état des sciences de la criminologie clinique et aussi selon les mentalités. En fait, on connaît très mal ce qui se passait autour d'un cas. Dans le dossier de Marguerite, les rapports entre la direction de l'établissement et le ministère nous dévoilent le langage tenu à l'époque sur le caractère des pupilles, le fonctionnement et la maison d'éducation surveillée. Bien plus encore, on entre dans une mythologie interne à la Justice. La mort, le caractère de cette délinquante, les relations qui s'installent dans un établissement correctionnel entre le personnel et les pupilles sont inscrits dans des papiers qui ont pour destinée de rester dans la structure qui les a rédigés et archivés. On en apprend alors autant, si ce n'est plus, sur les moeurs de la Justice que sur l'histoire d'une vie. Certains dossiers étaient plus tendres, moins terribles, puisque la plupart des filles étaient de pauvres malheureuses ayant essuyé des placements depuis leur enfance mais qui n'avaient pas réussi, comme on le disait à l'époque, à s'amender de leur tare initiale. A trop s'émouvoir on risque de se dérober à la question posée par Arlette Farge. " Les pièges sont ressentis : on peut peut-être les résumer ainsi, en prenant un exemple particulièrement paradoxal et difficile, celui de la criminalité féminine. Faut-il se réjouir de lire les femmes comme criminelles et violentes ? Faut-il s'attrister de les voir dépeupler les statistiques criminelles et d'y lire les symptômes de leur soumission traditionnelle ? Et si le problème se trouvait totalement ailleurs." La vrai fascination pour ce document provient du fait qu'il représente une période charnière. C'est la fin d'un discours psychologique traditionnel sur les filles débauchées, perverses, malignes, et le début d'une psychologie moderne sur les filles à problème, grandes adolescentes au caractère immature. c'est aussi le déclin des méthodes coercitives du système pénitentiaire appliqué pendant juste un siècle (1850 - 1950) sur les jeunes de la correctionnelle et c'est le début d'une justice des enfants (ordonnance de 1945) avec sa cohorte de spécialistes préoccupés de l'épanouissement du mineur. L'âge de Marguerite au moment de sa mort (six mois avant sa sortie définitive), vingt ans, c'est la fin de la jeunesse, mais ça aurait pu être le début de son existence de femme. Tout est contraste dans ce drame ; les discours révèlent les vieilles habitudes mais aussi les nouveautés qui sont à l'oeuvre actuellement dans la justice des mineurs. C'est la mort de Marguerite, le déclin d'un système, la fermeture définitive de Cadillac comme maison pénitentiaire. c'est aussi l'amorce d'une nouvelle conception, le début des mesures éducatives, l'espoir dans la capacité future de chacune, que l'on découvrira dans ce dossier à la fois ordinaire et exceptionnel.
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MARGUERITE B:une histoire singulière Générique Voix Marguerite: Leïla ZAKRI
La Directrice: Myriam DERBAL
Le Psychiatre: Laurent CLARET
Le Juge: avec la participation de Christian BLANC de la Comédie Française
Image: Charles ALVAREZ, Arlette GIRARDOT (Nord)
Son: Jean Pierre SOUPIN, Rabah HAMMANI
Montage: Ines SEGRÉ Stagiaire: Jany HANQUEZ
Conformation: Estelle TESTA
Soutien technique: Charles POLIDORI
Recherche documentaire Recherche des témoins Assistant réalisateur Christian MARGUILLER
Un film écrit par Gabriel GONNET et Béatrice KOEPPEL
Réalisation: GabrielGONNET
D'après le livre de Béatrice KOEPPEL Marguerite B.: une jeune fille en maison de correction éd. Hachette
Musique: Dominique PAULIN
Production déléguée: La CATHODE
Une coproduction: La CATHODE, PERIFILMS, ACQUI TV
Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie
et de la PROCIREP
et de PÉRIPHÈRIE partenaire du Conseil Général de la Seine-Saint- Denis
Remerciements: Jean Pierre ROSENCZVEIG:-Président tribunal pour enfant de Bobigny. Jacques BOURQUIN:-Association pour l'Histoire de la Protection Judiciaire de la Jeunesse
Catherine PRADE:-Musée des Prisons-Ministère de la Justice
Mme Henry MORLIER:-Administratrice du Monument Historique Château de Cadillac.
Sylvie PERDRIOLLE:-Directrice de la Protection Judiciaire de la Jeunesse-Ministère de la Justice
Geneviève FRAYSSE
Michelle PERROT-historienne
Jaques LADSOUS: Président du haut Conseil du Service Social
Michel BASDEVANT: CNRS - laboratoire printemps
Matthias GARDET: Historien, CNAHES
Françoise TETARD: Historienne, CNAHES
Michel CHAUVIÈRE: Sociologue-GAPP
Mme LACROIX et son mari
Claude BOUJU
Mme PIERRE
Marcella PAGANI
Mr KOSMALA : CREAI - Bordeaux
Monsieur DORIAN: Association Saint Blaise
Jean Pierre BERNADET: Association Mémoire de Cadillac
Marie France HACCARD: Cercle Historique du Ternois
Paul CHARONNAT: COT de Saint Omer
Mr UNDERWOOD: COR de Chevilly la Rue
SÏur Marie Luc DORDONAT, SÏur Odile LAUGIER, Congrégation du Bon Pasteur -Angers
Mme BOUTAUD: Ancienne Sous Directrice de l'IPES de Cadillac
Mme MAUROUX FONLUPT: Ancienne inspectrice de l'éducation surveillée
Paul LUTZ: Ancien inspecteur de l'éducation surveillée
Restaurant hôtel: Chez Georges - Cadillac
Et tous les témoins qui nous ont si agréablement accueillis et avec lesquels nous aurions pu faire plusieurs films. L'ensemble de nos archives sera mis en dépôt dans des organismes d'archives du service public et mis à la disposition des chercheurs.
Copyright: La CATHODE, Acqui TV, Perifilms 2000
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