Émission UN FILM POUR EN PARLER

















 

 

1/ le contenu de l'émission par Philippe MASSE


L'alcoolisme:

1ère partie: fiction: "C'est si bon".

Contenu:

 

Vincent boit presque naturellement, avec ses amis, avec ses parents. Leïla, son amie, l'alerte. Vincent ne se sent pas malade. Une interrogation sur le rôle de la boisson et l'installation progressive de la dépendance. L'alcool: un symptôme qui cache une façon de gérer son stress, sa dépression.

3 thèmes sont abordés dans ce film de 26 minutes:

Je m'éclate en buvant

Je ne suis pas malade

Je ne peux décrocher que quand j'ai reconnu le problème

 

2ème partie: débat

 

Contenu des interventions:

 

1er thème: Quel est le vrai problème?

Ce n'est pas la perte, la misère qui sont seulement responsables des problèmes d'alcool. Car celui qui est touché dans le film a un travail, une copine, un toit. Les problèmes personnels sont une meilleure explication.

"Je ne suis bien dans ma peau que quand j'ai bu. Ici, le discours sur la sobriété n'a aucune chance de passer. Le vrai discours devient: " Sans l'alcool, je ne suis pas bien, la vie, c'est de la merde. Avec l'alcool, j'ai en plus une prime de plaisir, et ma souffrance disparaît."

Le moteur principal de la consommation d'alcool, c'est la honte. "Je ne sais pas où me mettre, je ne suis pas Sûr de moi, ou "je n'ai pas de place." (alcoolisme des exclus)

Tout le monde boit, on trouve de l'alcool très facilement, donc on va continuer à boire jusqu'à ce que la dépendance s'installe et ça devient plus compliqué après!

Qu'est-ce qui relève de moi, et de la société. Difficile à apprécier! L'alcoolique se donne une contenance (comme un récipient). Il n'est bien que quand il est plein, bourré, rond (quand il s'est rempli, quand il n'est plus vide). Ca marche pour lui, mais l'entourage devient à terme rejetant face à de telles conduites (cf. le film)

 

2ème thème: Quels chiffres sur l'alcoolisme?

5 millions de personnes en France ont un problème en lien avec l'alcool

2 millions de personnes sont alcoolo-dépendantes

43 000 décès par an sont prématurés en France, et en rapport avec l'alcool

40 % des accidents de la route mortels sont dus à l'alcool

Des millions de journées d'absence au travail ont pour origine l'alcool

L'alcool joue un rôle dans les violences conjugales, et dans certaines maladies.

 

3ème thème: La parole de témoins:

1) Vaincre ma timidité

L'alcoolisme fait partie des traditions françaises. On en trouve partout. On peut boire tranquillement au café, sans reproches, sous le regard des autres. On peut refaire le monde, exister pour l'autre, enlever la pression que l'on peut ressentir habituellement.

Au travail, on peut Être entraîné à boire. Les pots, par exemple. Boire avec les gens, c'est bien, ils apprécient. Quand on arrête de boire, ils culpabilisent, car ils ont l'impression qu'ils peuvent eux aussi être touchés, à tout moment, par le problème.

Témoignage de l'infirmière: arrêter seul est très difficile. Le suivi à long terme, avec une équipe spécialisée est très important, car la personne sevrée, au début, se sent forte, guérie. C'est là le plus grand danger.

 

2) Je ne savais pas que c'était une maladie

J'étais une employée perturbée au départ.

Je buvais chez moi, seule.

Je me voyais foutue, j'ai fait une tentative de suicide.

J'avais la honte, je ne pouvais plus me regarder dans un miroir, mais il fallait que j'aille acheter mes bouteilles, et supporter le regard du commerçant. C'était invivable!

 

Je savais quelle était ma dose

Je buvais avant d'aller travailler.

Les doses augmentent, mais pour obtenir toujours le même effet.

Au bureau, je pouvais, si nécessaire (réserve dans son placard), remonter la dose.

J'ai pris conscience de mon problème par ma famille

Une fois soigné, j'ai dit à mes collègues ce qui s'était passé pour moi.

J'aide maintenant les autres qui ont des problèmes avec l'alcool

 

4ème thème: Alcool au travail:

A l'Afpa:

Les lieux de convivialité sont le foyer et le bar du foyer, où il se passe beaucoup de choses, où on parle beaucoup. Mais les personnes sont jugées, il y a sanction immédiate, car elles ne sont pas considérées comme malades, quand elles ont un problème avec l'alcool

En entreprise:

Le risque alcool n'avait jamais été pris en compte par les entreprises. Pour le résoudre, on ne peut rien faire seul. Il faut mettre en oeuvre différents acteurs, pas un seul corps de métier. Il faut comprendre le problème au delà du médical simplement.

Dans certaines entreprises, le risque alcool est plus fort que dans d'autres.

On peut plus facilement dire des choses quand on vient de l'extérieur.

Travailler le problème alcool en entreprise permet de s'adresser à des personnes qui ont encore un cadre social. Quand elles ont perdu leur travail, leur femme, leur voiture cela devient beaucoup plus difficile.

 

5ème thème: Quels chiffres, quelles constatations en entreprise?

Le comportement de l'entreprise a changé:

Avant, boire arrangeait l'entreprise, surtout quand les conditions de travail étaient mauvaises. De plus, pour la hiérarchie, c'était la possibilité d'exercer un chantage sur les salariés.

Aujourd'hui, l'entreprise est moins tolérante. Elle demande plus de responsabilité à ses salariés.

 

6ème thème: Est-on alcoolique pour la vie?

L'alcool, c'est une passion, avec toute l'ambiguïté et la complexité du problème:

Passion du collectionneur, ou du dégustateur

"Passion" du chemin de croix, et donc de la souffrance

Quand on a été dépendant, il ne faut jamais l'oublier, sinon on risque sa vie.

Reboire modérément? Quand l'alcool a fait partie de nous, il en fera toujours partie. Exemple des anciens alcooliques dans les associations d'aide contre cette maladie. Comme le pourcentage de rechute est impressionnant, on peut dire que malade alcoolique, Áa peut être pour la vie.

L'alcoolo-dépendant a recherché la démesure, l'excès. Une fois abstinent, lui proposer la modération ne l'intéressera pas, n'aura aucun intérêt pour lui.

Quand on a mis le doigt dans l'engrenage, faire la part entre boire seulement pour m'éclater, et boire pour me dèsinhiber, exister, être moins intimidé, devient très difficile.

 

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2/ Le point sur la question par Milène LEROY, journaliste


 

Personne n'ignore que la France bat tous les records en matière de consommation d'alcool : 10,9 litres d'alcool pur par habitant et par an, ce qui place l'Hexagone en deuxième position, après le Portugal

 

La consommation a cependant diminué de façon importante au fil des ans : elle était de 27,4 litres en 1960, soit presque trois fois plus qu'aujourd'hui.

 

Cinq millions de personnes en France ont des difficultés médicales, psychologiques ou sociales liées à leur consommation d'alcool, soit une personne sur dix, et 2 millions sont dépendantes de l'alcool. 43 000 décès étaient imputables à l'alcool en 1999.

 

- les conséquences de la maladie alcoolique sont lourdes :

 

40 % des accidents mortels de la circulation sont dus à l'alcool.

Absentéisme au travail, violence conjugale et certaines maladies sont aussi des conséquences de l'alcoolisme.

 

Économiquement :

Tout cela a un coût : le coût médical e

 

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3/ Alcool au travail par Milène LEROY


 

Peurs excessifs au travail et 5 à 10 % de malades alcooliques

- 15 à 20 % des accidents du travail sont liés à l'alcool

 

L'alcoolisme touche en priorité les travailleurs manuels - le secteur du bâtiments et travaux publics est particulièrement touché - mais aussi les commerciaux - les fameux repas d'affaires - et toutes les professions où les contacts humains sont importants.

 

La période de l'hypertolérance de l'entreprise à l'alcool est finie.

 

Autrefois, l'alcool était toléré car il aidait à supporter les mauvaises conditions de travail - chaleur, bruit, travail de force ou travail répétitif - et donnait une marge de manÏuvre à la direction et à l'encadrement : " Je ferme les yeux sur le fait que tu bois au travail ; en contrepartie, si je te donne un ordre, tu ne discutes pas. "

 

Dès que les coûts devenaient supérieurs aux avantages, autrement dit dès que le salarié s'absentait trop souvent, ou était victime d'accident, le salarié est licencié.

 

Désormais, l'entreprise demande à chaque salarié d'être performant, productif, responsable. Le salarié est moins soumis à une astreinte corporelle que psychologique pour laquelle toute son attention est requise. Il faut s'adapter être souple réactif. L'alcool est incompatible avec cette manière d'être.

 

Les actions de prévention dans l'entreprise se développent : Elles permettent de lever des tabous pou ne plus chercher à protéger un collègue, à cacher ses erreurs. En fait, cela le dessert plutôt. Un jour ou l'autre, l'accident ou la maladie le conduiront vers le licenciement. Le but de la prévention en entreprise est de changer l'image de l'alcool, associée encore souvent à la fête. Il faut informer sur les dangers de l'alcool, faire connaître les données du problème et provoquer la réflexion.

 

Les opérations de prévention sont organisées à la demande des comités d'hygiène et de sécurité, dans les grandes entreprises, le médecin du travail ou l'assistante sociale, d'anciens buveurs, des représentants du personnelÉ ou même de la direction.

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4/ l'alcool et les jeunes


 

 

par Roland MOREAU, réalisateur du film, C'EST SI BON

VIVRE A EN PERDRE LA TETE ?

 

Il y a autant d'alcool dans 50 cl de bière à 8.6 ° que dans 3 verres de vin rouge à 12°.

 

L'expérimentation de l'ivresse concerne plus de 4 lycéens sur 10.

 

En 1994, le bilan annuel de la Sécurité Routière précise qu'une alcoolémie illégale est mentionnée dans 37 % de l'ensemble des accidents mortels.

 

Parmi les lycéens qui consomment régulièrement des boissons alcoolisées, 56,7 % d'entre eux ont expérimenté des drogues illicites.

 

Besoin de s'affirmer et de s'amuser, nécessité de s'intégrer à une bande, boire de l'alcool est un passage plus ou moins obligé de l'adolescence. Derrière cette expérience il y a un apprentissage de la vie.

 

Les soirées où l'on fume et on boit, c'est aussi là où on discute, danse et drague. Ces moments sont baignés d'une douce euphorie qui donne la sensation de vivre enfin pleinement sa vie. Adolescent, on a besoin de ces soirées où les limites n'existent plus, on se laisse aller, on se libère, en un mot on s'éclate. On serait capable de refaire le monde si seulement on nous en donnait les moyens. Le clan des copains, la sensation de braver les interdits tout cela donne le sentiment d'être plus important que ce que nous renvoie la réalité quotidienne.

 

Mais on s'éclate aussi faute de savoir se constituer, on cherche à ce que la perte de conscience du principe de réalité soit immédiate ou presque en allant jusqu'à la défonce. Régulièrement "on pète les plombs". De l'alcool "défonce" on peut rapidement tomber dans la dépendance. On a besoin d'alcool pour être bien, c'est à dire normal, on ne peut plus s'en passer. On devient passif, indifférent, apathique.

 

Pour arrêter il faut se reconnaître dépendant, or on ne se reconnaît pas facilement alcoolique. Il y a une longue période de déni, "moi j'arrête quand je veux" dit un des témoins. Faire prendre conscience à l'autre qu'il s'alcoolise un peu trop est délicat. Comment ne pas juger, moraliser. Admettre que l'on est alcoolique ou toxicomane ce serait admettre sa vulnérabilité et ses difficultés à vivre. Avouer que l'on a un problème avec l'alcool c'est le premier pas pour décrocher définitivement.

 

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5/ Les adresses et les sites ressources


 

 

Les associations d'anciens alcooliques :

 

- Alcooliques anonymes

01 48 06 43 68

Minitel 3615 code AA FRANCE

 

- Vie libre

01 44 62 28 98 Minitel 3615 code ACOVIELIBRE

 

- La Croix bleue

01 48 74 85 22

01 42 85 30 74

 

Association nationale de prévention contre l'alcoolisme (ANPA)

Gère les CCAA (centre de cure ambulatoire en alcoologie, anciennement CHAA) ; organise des stages de prévention de l'alcoolisme en entreprise.

20, rue Saint-Fiacre

75002 Paris

01 42 33 51 04

www.anpa.asso.fr

 

site régional sur le Nord Pas de Calais

www.acoosite.com

 

site départemental des Pyrénées Atlantiques

www.cdpa64.org

 

Drogues info services

appel anonyme et gratuit

0800 23 13 13

 

Prévention et soin de l'alcoolisme en entreprise :

Hassé Consultants

Patrick Buchard

Intervient en entreprises lors de stages :

- en prévention

ou

- en suivi de salariés alcoolo-dépendants

88, rue d'Alleray

01 45 67 33 33

 

La Santé de La Famille SNCF

41 rue de Lourdes

75008 Paris

0153 42 76 71

association de prévention de l'alcoolisme à la SNCF, des associations similaires existent dans d'autres entreprises (RATP...). Se renseigner au près des sièges sociaux.

 

Revue de l'Institut de recherches scientifiques sur les boissons.

Articles poussés souvent en anglais.

www.ireb.com

 

 

le site de la prévention routière

il permet de trouver l'antenne la plus proche de chez soi, il rappelle les buts de l'association et ese actions

www. lapreventionroutiere.asso.fr

la prévention routière

centre national

6 av Hoche

75008 Paris

fax 01 42 27 98 03

3615 LAPR

 

le site de l'association bleu comme nuit

www.multimania.com/bleunuit/rdj.htm

dédié à la lutte contre les accidents de la route surtout après les sorties de boites.

C'est un site fait par des jeunes. Ils proposent des actions : soirées moins chères pour les conducteurs qui ne boivent pas...

 

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6/Bibliographie


 

Les alcoléens

Dr Jean Maisondieu

Bayard Éditions

 

Passion Alcool

Michel Crapelet

Ed Odile Jacob

 

Comprendre les dépendances

Dictionnaire des termes e concepts utilisés dans les programmes

douze étapes

R Wilson, J Wilson

de sciences et cultures 1995

 

Plusieurs pages sur l'alcool dans Drogues: Savoir plus, risquer moins

éd. MILDT - CFES

disponible en kiosque

www.drogues.gouv.fr

 

numéro spécial alcool de la revue

de la Mission Départementale de prévention des toxicomanies

28 rue du Lieutenant Lebrun

93000 Bobigny

Tél. 01 41 60 16 60

 

les films de la CATHODE sur le thème de l'Alcool

 

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7/ Entretien avec le docteur Jean Michel SIGWARD, psychiatre, praticien hospitalier, spécialiste en alcoologie.


 

 

 

 

PROBLÈMES AVEC L'ALCOOL!

 

PROBLÈMES AVEC L'ALCOOL!

 

Comment on tombe dans l'alcool ? Est ce qu'il y a des choses qui sont

récurantes qui reviennent régulièrement pour vos patients?

 

Moi, je ne crois pas que l'on tombe dans l'alcool. Mon idée générale: l'utilisation de n'importe quelle substance psychotrope, arrive à un moment donné pour une personne, donc, je ne suis pas sûr que l'on puisse définir pour l'alcool un moment de démarrage. On peut arriver à définir un moment où la personne ressent qu'elle a un problème avec la drogue ou plus précisément avec l'alcool.

 

De nombreuses personnes consomment sans que ça pose problème et prennent de

fortes doses sans se poser la question: suis-je alcoolique ?

 

Il me semble que l'on pourrait utiliser la définition suivante de l'alcoolisme: est alcoolique toute personne qui a eu des problèmes avec l' alcool. Ce qui ne définit pas spécialement la quantité ou la durée d'alcoolisation, mais ce qui nous amène à parler du moment où un tiers va lui signaler ces problèmes. Soit c'est un tiers, soit son épouse, son époux, soit un tiers extérieur, cela peut-être la police dans le cadre d'une arrestation pour conduite en état d'ivresse ou pour n'importe quel trouble du comportement sur la voie publique qui va venir marquer de façon très claire le début des problèmes. Ça peut-être les classiques difficultés au niveau du travail.

Donc, en fait, une personne qui est alcoolique ne se rendra jamais compte par lui-même qu'il a un problème avec l'alcool : il le sait. Mais, tant que l'entourage n'a pas marqué sa réprobation par rapport aux conduites alcooliques, elles sont fonctionnelles et ça l'amène à poursuivre une conduite alcoolique qui est nécessaire pour lui. Les personnes alcooliques sont conscientes de leur alcoolisation et du fait qu'elles dépassent ce dont elles ont besoin pour aller bien.

Il ne s'agit pas de conduite en état d'ivresse dans la plupart des cas, mais il s'agit de conduites d'habitude dans lesquelles les personnes s'estiment normales quand elles sont sous "produit" et n'arrivent pas à gérer leurs émotions, leur anxiété sans produit.

 

Donc elles ont besoins de consommer pour aller bien ?

C'est ce qu'elles disent, je pense que c'est un bon point de départ pour travailler avec ces personnes. Qu'il n'y ait pas une position moralisatrice : il faut ou il ne faut pas boire, mais plutôt quel est le rôle de l'alcool ? Quelle est la fonction de l'alcool pour vous ?

Comment ça vous aide à gérer votre stress, à gérer votre anxiété, à gérer votre émotion, et comment ça vous aide à entrer en relation avec les autres que ce soit la famille ou le corps social ?

 

DISTINGUER DEUX MOMENTS

 

Est ce que vous pensez qu'il y a un besoin de fuir le réel à travers l'alcool?

 

Les gens distinguent plusieurs étapes dans la façon dont ils parlent de l'alcool. Dans un premier temps, ils disent : "nous avons besoin de boire, pour pouvoir avoir des relations sociales normales, pour être normal dans la relation". Dans un deuxième temps, ils disent qu'à partir du moment où ils n'arrivent plus à contrôler les doses d'alcool, ils sont dans une situation dans laquelle, n'arrivant plus à tenir leur place sociale ou familiale, ils ont besoin de plus en plus d'alcool pour oublier ou pour rester en dehors des choses. C'est à dire, par exemple, au moment où vont apparaître des troubles du comportement, une trop grande proximité relationnelle, une agressivité ou des attitudes de fuite, de retraite. A ce moment, il va avoir un tiers qui signale le problème avec l'alcool.

 

Comment peut on déclencher une prise de conscience chez les jeunes?

 

La prise de conscience et le discours de prévention fonctionnent chez la plupart d'entre eux. Mais, bien sûr, ils ne fonctionnent pas pour ceux qui ont des difficultés d'insertion et qui ont besoin d'un produit pour arriver à fonctionner et ils ne peuvent se passer du produit que ce soit l'alcool, la drogue ou bien des médicaments. Je n'aime pas dire des drogues dures, car l'alcool tue plus en France que l'héroïne Si on peut parler de drogues dures, il faudrait placer l'alcool parmi les drogues dures.

 

ON N'EST PAS ALCOOLIQUE À PARTIR D'UNE CERTAINE QUANTITÉ

 

Quelle est la limite? Se fixer une limite, est ce que c'est pas déjà reconnaître cette dépendance? en sont-il conscients?

 

Je crois que les gens sont tous conscients des alcoolisations trop importantes. Parler en terme de limite, cela voudrait dire définir les limites et définir ses limites, c'est définir des quantités, on tombe dans une question qui est une question fausse, à mon sens. On n'est pas alcoolique à partir d'une certaine quantité, d'une certaine durée, on est alcoolique à partir du moment où on a un problème avec l'alcool. L'individu connaît sa limite, il sait qu'il ne faut pas qu'il dépasse une certaine quantité, mais il se rend compte aussi qu'il ne peut pas ne pas boire. C'est un comportement symptomatique.

 

La personne sait qu'il y a une anomalie, non pas dans le fait de ne pas pouvoir se passer d'alcool, mais parce qu'il ne peut pas s'empêcher d'utiliser l'alcool car c' est une façon pour lui de se soulager d'une anxiété, d'une tension émotionnelle et qu'il pourra être suffisamment lui même, à son sens, pour rentrer en relation avec les autres.

 

Une personne qui a un problème avec l'alcool qui reconnaît son agressivité c'est déjà un cheminement dans sa conscience, c'est un signe?

 

Tout dépend de quel point de vue on se place. Si on se place d'un point de vue complètement extérieur, on va effectivement décrire des signes et on va essayer de repérer les signes comme: agressivité, conduites en état d'ivresse. Si on se place d'un point de vue de la personne elle même, ça prend une autre signification parce qu'il y a un contexte affectif, relationnel, professionnel, un contexte amical et ce contexte influence directement les consommations d'alcool, soit les renforce soit les diminue, soit les arrête puisque si le contexte est très réprobateur par rapport aux alcoolisations, on peut imaginer qu'il va limiter la consommation d'alcool surtout si la réprobation vient de gens qui sont liés affectivement avec la personne, en particulier, ses proches et sa famille

 

CÉCITÉ FAMILIALE

 

L'entourage réagit correctement à cette illusion, on pourrait dire que c'est une illusion qui masque le vrai problème, personne ne veut le voir?

 

Tant que les choses fonctionnent, personne ne voit et personne ne souhaite voir le problème, car le problème de l'alcool engage aussi toutes les personnes qui sont liées affectivement avec lui. Il y a une sorte d'homéostasie relationnelle qui se crée autour du symptôme et qui amène une sorte de cécité familiale par rapport aux symptômes, cette cécité familiale par rapport aux symptômes, cette cécité a été bien décryptée pour les conduites de toxicomanie à l'héroïne.

 

Ce qui est à retenir, il y a problème quand il commence à avoir un problème avec l'entourage, c'est l'entourage qui peut éclairer ou amener une personne à se poser une question sur son rapport avec l'alcool?

 

Le patient sait qu'il y a un problème, il a conscience de son problème même si l'alcool lui permet de s'adapter, lui permet de faire en sorte que pendant tout un long moment, il n'y ait pas de problème relationnel, qu'il puisse être apprécié dans sa famille pendant toute une période, l'alcool permet ça et si vous écoutez les discours de gens qui ont bu, qui boivent depuis longtemps, ils vont vous dire "je suis un bon père de famille, je n'ai jamais eu de problèmes avec personne, je travaille bien". Il vont avoir des discours autour de ça, et ils se vivent effectivement comme ça et leur alcool leur a permis pendant longtemps d'être adaptés et de pouvoir faire face à toutes les difficultés qui sont les leurs.

 

Après un long temps, l'entourage va effectivement réagir quand la symptomatologie, les problèmes liés à l'alcool, deviennent trop importants, en particulier, quand la personne n'arrive plus à gérer son humeur et n'arrive plus à contenir les différentes difficultés. Là effectivement, il va y avoir une désadaptation brutale du système relationnel et à ce moment là, effectivement, on va dire qu'il est alcoolique, et il va être désigné comme alcoolique, on rentre dans la phase de maladie effectivement, ça peut être l'entourage qui le définit comme alcoolique ou encore la police ou la justice.

 

L'attitude de la famille est extrêmement importante et dans la mesure où il est désigné par la famille et sur désigné par la médecine comme malade, on va attendre du patient et surtout du médecin de le sortir puisque c'est une maladie, on doit trouver un moyen de guérir le patient. Or, on ne peut pas trouver un moyen de guérir le patient si le patient est lui même pris dans une relation dans laquelle il faut qu'il continue à boire: il va y avoir toute une période paradoxale où il va venir à la demande de son entourage social, professionnel, ou familial, mais lui ne peut pas entrer, adhérer aux soins, car c'est perdre la façon dont il s'adapte aux difficultés qui sont les siennes.

 

Propos recueillis par Roland MOREAU.

 

 

 

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8/ les partenaires :


 

 

 

L'AFPA

13 place du Général de Gaulle

93100 Montreuil

tel 01 48 70 50 50

www.afpa.fr

 

Pour la préparation de cette émission nous avons été aidés par

 

Association nationale de prévention contre l'alcoolisme (ANPA)

 

 

Dr Jean MAISONDIEU

Centre intercommunal de Poissy-St Germain

10 rue Champ Gaillard

78300 Poissy

 

Prévention et soin de l'alcoolisme en entreprise :

Hassé Consultants

Patrick Buchard

Intervient en entreprises lors de stages :

- en prévention

ou

- en suivi de salariés alcoolo-dépendants

88, rue d'Alleray

01 45 67 33 33

 

La Santé de La Famille SNCF

41 rue de Lourdes

75008 Paris

0153 42 76 71

association de prévention de l'alcoolisme à la SNCF, des associations similaires existent dans d'autres entreprises (RATP...). Se renseigner au près des sièges sociaux.

 

 

La cité d'Hébergement Myriam

2 rue de l'aqueduc

93100 Montreuil

Cette structure du Secours Catholique est un foyer d'accueil. Les hommes y sont hébergés en chambre, des éducateurs les aident dans leur démarches d'insertion (formation, papiers...).

 

L'école des parents et des Éducateurs

5 impasse du Bon Secours `

75011 Paris

01 44 93 44 88

www.ecole-des-parents.com (en construction)

 

Le Café de L'École des Parents

162, boulevard Voltaire

75011 Paris

tel 01 43 67 54 00

www.cafe-des-parents.com

email : cafedesparents@wanadoo.fr

 

Fil Santé Jeune

0 800 235 236

Ligne d'écoute anonyme.

 

 

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9/Générique


 

 

Producteur Délégué AFPA : Jean GUILVOUT

Conception Animation AFPA : Philippe MASSE

 

Réalisation : Roland MOREAU

Direction de production : Gabriel GONNET

Chargée de production : Hélène PELLISSIER

Journaliste : Milène LEROY

Directeur technique : Pascal FRIAUT

Directeur de la photo : Pierre CALLETEAU

Ingénieur de la vision : Thierry EBERSOLDT

Technicien Vidéo : Cyril FONTAINE

Cadreurs : Sébastien GOYER, Saci OURABAH

Montage : Vincent GOULET

 

 

avec la collaboration du

Café de l' École des Parents et des Éducateurs

162 Boulevard Voltaire - 75011 Paris

Nathalie ISORÉ et Philippe BARATIN

 

Production exécutive : La CATHODE

 

Moyens Techniques : Mirage Productions

 

Musique : Michel KANIA

 

Infographie : Michel KUESS

 

Documentation : Hélène PELLISSIER

 

Remerciements

 

AFPA

Xavier GAULTRON, centre de Rennes

Nicolas DRIANNE, centre de Champ-sur-Marne

Dominique AUWERCK, centre de Maubeuge

 

Dr Jean MAISONDIEU

psychiatre, chef de service du secteur 5 de psychiatrie des Yvelines au centre intercommunal Poissy-St-Germain

 

Dr Michel CRAPELET

Association Nationale de Prévention de l'Alcoolisme

 

Patrick BUCHARD

Cabinet Hassé consultant

 

Valérie RICHER

 

Sylvain SAILLARD

 

Gérard VATIN

La Santé de la famille

des chemins de fer de France

 

Martine GOLTRON

CHAA de Saint-Ouen

 

Marie-Christine CHIKH

Fil Santé Jeune

0 800 235 236

 

Café de l'École des Parents et des Éducateurs

 

Fondation Prévention des Toxicomanies du Conseil Général de la Seine-Saint -Denis

 


 

Avec le film C'EST SI BON

 

réalisé par ROLAND MOREAU

avec un groupe de parole de la Mission Locale de Maisons Alfort, Saint-Maur, Saint-Maurice

 

Musique : Michel KANIA

 

Production : La CATHODE

 

avec Luis IGNACIO, Iréna DJORDJEVIC, Chérif HADROUGA, Michèle PARENT, Gérard NOEL

 

Avec le soutien de

Fondation de France, Ministère de l'Emploi et de la Solidarité : Direction de l'Action Sociale, Fonds d'Action Sociale

Périphérie partenaire du

Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

 

 

avec le soutien du Fonds Social Européen

 

Copyright : AFPA 2000

 

 

 

 

 

 

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