| FICHE
TECHNIQUE : ESQUIVE
Documentaire de
52 mn
Réalisé par Patrice ROLET
Prod : La CATHODE - Aller Retour Productions - Télessonne - 2002
Avec la participation de :
- Ministère de lEducation Nationale
- Centre National de la Cinématographie
- Fonds dAction Sociale
- Ministère de la Jeunesse et des Sports
- Fédération de Boxe Anglaise
RÉSUMÉ
À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le collège Jean
Moulin, classé Zone d'Education Prioritaire, abrite une classe
d'insertion et une structure dite "Espace SOS".
À l'enseignement général, coordonné par
Brigitte PUGET, professeur principal, s'est greffée une expérience
pilote de BOXE ÉDUCATIVE, dirigée par René ACQUAVIVA,
professeur d'EPS.
LE CONTEXTE D' ESQUIVE
Le collège Jean Moulin abrite deux structures spécifiques
pour élèves en difficulté.
1/ "L'Espace SOS" (ainsi
renommé par les professeurs de cette classe) accueille des élèves
très indisciplinés (violence, absentéisme, insultes
)
pour une courte période, en général de une à
quatre semaines. C'est le professeur principal qui en fait la demande,
avec l'accord des parents et du responsable de l'établissement.
Cette classe spéciale a été mise en place en Seine-Saint-Denis,
il y a cinq ans, avec l'appellation administrative de "Classe SAS".
Les 25 dispositifs du département ont déjà accueilli
350 élèves. Les enquêtes réalisées
montrent que là où elles existent, les "classes SAS"
conduisent à la diminution du nombre d'exclusions définitives
après conseil de discipline.
2/ La classe d'insertion, de niveau
3ème, reçoit des élèves en difficulté
scolaire. Cette classe a pour objectif d'établir des relations
privilégiées avec ces élèves et de les préparer
à des formations qualifiantes (CAP, BEP). Les stages en entreprise
représentent une part importante de leur emploi du temps.
Brigitte PUGET
Brigitte PUGET est le professeur principal de la classe d'insertion
et le professeur pilote de "L'Espace SOS" où sont dispensés
également des cours d'anglais, d'arts plastiques et d'informatique.
La boxe éducative est enseignée par René ACQUAVIVA.
René ACQUAVIVA
René ACQUAVIVA est professeur d'EPS au collège Jean Moulin
depuis 1998, avec la mission particulière de lutter contre la
violence en Seine-Saint-Denis, par l'apport de la boxe éducative.
La section de boxe éducative qu'il a créée au collège
Jean Moulin accueille, outre les jeunes de "L'Espace SOS"
qui ont besoin de canaliser leur énergie, les autres élèves
de l'établissement, filles ou garçons, qui souhaitent
apprendre cette discipline.
Auparavant, René ACQUAVIVA a été champion de France
de boxe anglaise et entraîneur national jusqu'en 1997. Depuis
cette date, il est consultant pour la chaîne Pathé Sports
et la radio Sports O'FM. La Fédération Française
de boxe anglaise l'a chargé de la communication pour le développement
de la boxe éducative en France.
En juillet 2000, l'Education Nationale lui a décerné le
diplôme des palmes académiques.
Les
jeunes
Patrice ROLET a choisi de filmer durant une année scolaire le
travail de Brigitte PUGET et de René ACQUAVIVA avec les élèves
de "l'Espace SOS".
De fin septembre à début juillet, il va vivre le quotidien
de la classe, les échanges, les liens qui vont se tisser entre
les deux professeurs et les élèves. Les séquences
rendent compte des rapports qui s'instaurent dans la classe, sur le
ring, avec les parents, lors de la préparation des stages en
entreprise, ou encore lors de la visite, avec la classe, de la déchetterie
de Saint-Ouen.
Sur trois trimestres, on peut observer les jeunes se prendre au jeu
des règles - de français, que leur enseigne Brigitte PUGET,
ou celles relatives à la boxe, que leur transmet René
ACQUAVIVA - et réfléchir, prendre conscience, se transformer.
Au fil des semaines, ils mûrissent, et une séquence montre
Bilal par exemple, qui essaie de convaincre un nouveau venu ou un plus
jeune, des vertus de la boxe éducative, pour devenir "moins
inconscient" et plus assidu aux cours.
Deux figures principales ressortent du film : Moussa, le plus souvent
sur la réserve, et Bilal, un peu casse-cou : ils sont devenus
amis dans la salle de boxe.
Une scène clé du film les montre dans la salle de boxe.
Moussa accuse alors René ACQUAVIVA de "l'utiliser".
Et c'est Bilal, qui explique très sérieusement à
Moussa quel est le rôle véritable de René ACQUAVIVA
: lui éviter l'exclusion.
Depuis la fin du film, Moussa a entrepris un CAP de boulangerie, et
Bilal poursuit sa scolarité au lycée.
FACE À FACE
Face à Face (3 fois 15 mn) est une version du film destinée
à l'Education Nationale.
Cette version est destinée à l'information et la formation
des enseignants.
Le film est découpé en trois parties, qui correspondent
aux trois trimestres de l'année scolaire.
Le film suit le quotidien de ces jeunes, dont la vie scolaire est rythmée
par les cours, les examens, la préoccupation des moyennes à
obtenir, les entretiens avec les parents et les professeurs, la remise
du bulletin.
Les séquences filmées alternent avec les entretiens plus
complets de Brigitte PUGET et René ACQUAVIVA. Face à la
caméra, ils expliquent leur rôle, leurs actions, leurs
doutes aussi, parfois.
La conclusion de FACE À FACE est donnée à Moussa
et Bilal, tous deux face à la caméra : "Quand j'aurais
des enfants, nous irons boire le thé chez tonton Moussa"
explique, rieur, Bilal.
"FORCE, ESPOIR
ET BEAUTÉ"
Entretien avec Patrice ROLET
Question : comment est née l'idée
de ce film ?
En 1999, J'ai rencontré René ACQUAVIVA. Nous avons parlé
de son expérience pilote : la création dune section
de boxe éducative au collège Jean Moulin, à Aubervilliers
(Seine-Saint-Denis). J'ai tout de suite été intéressé
par le double aspect insertion sociale plus boxe éducative et
jai eu envie de filmer cette expérience.
J'ai donc pris contact avec le proviseur du Collège Jean Moulin,
qui après beaucoup dhésitations, a accepté
que je vienne pendant une année scolaire (2 jours par semaine,
70 jours de tournage environ, de fin septembre à début
juillet).
Q - D'après vous, pourquoi ces hésitations
?
Le proviseur craignait avant tout une approche médiatisée,
surtout basée sur le sensationnel. En fait, la confiance s'est
installée progressivement. J'étais seul avec ma caméra,
et cela m'a permis de me fondre dans le décor et d'être
vraiment à l'écoute.
Q - En février 2002, vous avez 52 mn
de film télévisuel (Esquive) et 3 fois 15 mn pour l'Education
Nationale (Face à Face). Quelles ont été vos difficultés
?
Les vraies difficultés ont été d'ordre financier.
J'ai démarré seul, avec ma caméra, sans aucun financement.
Et c'est un second contact de production qui a véritablement
permis le développement du projet. En parallèle, grâce
à un contact de René ACQUAVIVA, j'ai pu obtenir l'aide
du Service de Production Audiovisuelle de l'Education Nationale. Ce
service a débloqué les fonds nécessaires pour qu'existent
3 cassettes de 15 mn destinées à être diffusées
dans les collèges, pour la formation des enseignants. A quoi
peut servir la boxe éducative, en tant qu'outil pédagogique
de citoyenneté et de responsabilisation face au quotidien ?
Le 3e producteur est La CATHODE qui a trouvé un diffuseur sur
le câble et obtenu l'aide du CNC pour boucler le budget. Et enfin,
le montage s'est fait en décembre 2001, soit un an et demi après
la fin du tournage !
Q - La boxe est plutôt un sport masculin...
Dans le 3 fois 15 mn, on voit le portrait d'une fille, mais dans le
document télévisuel, j'ai surtout filmé les adolescents
qui venaient en continu. L'année scolaire suivant le tournage,
René ACQUAVIVA a élargi son enseignement aux filles.
Q - Quelles ont été les "suites"
de ce film pour les participants ?
Moussa termine son apprentissage de boulanger et Bilal continue sa scolarité
au lycée. Pour des jeunes qui sont en échec scolaire et
social, la boxe éducative sert à "freiner la chute",
même s'il n'existe pas de réussite à 100 %. Des
balises et des points de repères leur sont donnés.
René ACQUAVIVA a créé une section de boxe éducative
à Orly, tout en poursuivant son activité au collège
Jean Moulin. Il espère que la diffusion des cassettes dans les
collèges, comme outil pédagogique, va donner des idées
et l'envie de créer d'autres sections. La diffusion se fera à
partir de septembre 2002 par le catalogue CNDP.
Q - Avez-vous déjà travaillé
avec des jeunes en difficulté ?
C'était la première fois, mais mes sujets de documentaire
sont toujours intenses, difficiles. Par exemple, j'ai filmé un
atelier de peinture en asile psychiatrique. Et puis un groupe de rock
constitué de handicapés mentaux. Ainsi qu'un atelier de
théâtre de femmes en prison. En règle générale,
je mets l'accent sur ce qui, chez un être qui traverse momentanément,
ou qui vit depuis longtemps une situation difficile ou délicate,
est porteur de dynamisme, de force et d'espoir, de beauté.
Tous ces thèmes me sont proches à divers titres. L'insertion,
par exemple, vers 10 ans, j'ai été viré plusieurs
fois du collège. Ou bien la folie, je crois qu'aujourd'hui, personne
n'est véritablement à l'abri d'une dépression.
Et puis je fais partie de cette génération d'un certain
cinéma militant. Plus jeune, je filmais pour changer le monde,
aujourd'hui, je filme pour que le monde ne me change pas !
"LE CARRÉ
MAGIQUE"
Entretien avec René ACQUAVIVA
Question : à quelle date a été
créée la section de boxe éducative au collège
Jean Moulin d'Aubervilliers ? Et pourquoi ?
En 1998, l'Inspection Académique me charge de lutter contre la
violence scolaire en Seine-Saint-Denis, grâce à la boxe
éducative. Lorsque je suis arrivé et que j'ai vu les bagarres
incessantes dans la cour, le manque de respect permanent, envers les
professeurs, les consignes, les camarades, et la dégradation
du matériel, j'ai eu un moment de doute. Et puis jai pensé
que la pratique de la boxe pourrait aider ces gamins à intégrer
des règles de comportement et canaliser leur violence.
Le premier trimestre est surtout consacré à faire appliquer
les règles de base de fair-play et de respect du partenaire,
avec interdiction de toucher le visage.
Q - Dans le film on vous voit "choisir"
vos élèves ?
"L'Espace SOS" qu'anime Brigitte PUGET, accueille, pour une
durée déterminée, les élèves qui
ont insulté un professeur ou qui se sont bagarrés. Le
mardi, je vais chercher les punis, les élèves perturbateurs
, qui se révèlent les meilleurs clients pour la
boxe. Nous allons ensuite dans la salle de boxe qui jouxte le collège.
Commentaires sur quelques scènes fortes de ESQUIVE :
1/ L'adolescent amené par son professeur parce qu'il est insolent.
Le travail à la boxe éducative va consister à lui
montrer que la première règle, c'est qu'il existe un maître
et qu'il faut le respecter. Sur le ring, on ne peut pas tricher, on
peut être fanfaron, insolent, bagarreur en classe ou dans la cour,
mais lorsque lon pénètre dans le "carré
magique", on est face à soi-même, face à l'adversaire,
et là, la violence et la force brutale ne servent à rien.
2/ L'adolescent à qui je fais faire des exercices d'assouplissement
: ses copains se moquent de lui à cause de son poids. Donc, il
se bat et donc... il se fait exclure du collège. Je lui explique
que la boxe peut l'aider. D'abord à maigrir, et ensuite à
se faire respecter.
3/ La séquence où Moussa me reproche de "l'utiliser"
: en fait il répète les propos d'un adulte. Nous avons
une explication à ce sujet et il est intéressant de voir
Bilal (le capitaine) intervenir. Bilal lui explique (et il jure que
c'est vrai "sur la Mecque" - ce qui n'est pas rien !) mon
rôle : lui éviter l'exclusion, le maintenir à l'école,
qui le protège malgré tout et malgré lui. A la
fin de la scène, on voit Moussa assis sur un siège, tête
baissée, profondément méditatif !
Q - Souhaiteriez-vous étendre cette expérience
?
J'aimerais créer d'autres sections dans d'autres collèges.
Je suis persuadé que la boxe éducative peut être
un réel outil de développement concernant la morale, le
civisme. Et dans ce contexte scolaire, je voudrais mettre en valeur
les aspects qui font davantage travailler le mental, la réflexion,
la mémoire. Cette année, l'équipe est composée
de 10 filles et 10 garçons, et le capitaine de léquipe
est une fille ! Les filles qui font de la boxe sont ravies, et elles
apprennent à se défendre ! Je voudrais aussi, dans le
cadre du dispositif "Initiatives Découvertes" lancer
une activité de boxe éducative et musique avec
le professeur de musique du collège.
Je souhaiterais que l'on me donne la possibilité de faire des
propositions concrètes dans un contexte où le problème
de la violence scolaire est d'une actualité brûlante et
où tout un chacun est à la recherche de solutions. J'ai
prouvé qu'une section de boxe éducative pouvait être
l'une des solutions possibles pour les problèmes de violence
scolaire.
Il faut savoir quaujourd'hui on n'a plus besoin d'une salle de
boxe ! Un espace (ring Verseron) peut être monté en 10
mn n'importe où !
On parle de centres et de collèges spécialisés
pour "jeunes perturbateurs". Ce que je propose est plus simple
et plus facile à appliquer.
Pour contacter René ACQUAVIVA :
Email : acqua@wanadoo.fr
AUTRES INITIATIVES DE RENÉ ACQUAVIVA :
* Organisation d'activités sur le thème "boxe éducative
et musique" :
- à Pâques 2001, à Champigny, les jeunes sportifs
se sont entraînés accompagnés par plusieurs percussionnistes,
qui sont par ailleurs leurs "grands frères".
* Stage pour les jeunes qui ne partent pas en vacances :
- Les 27 et 28 décembre 2001, "Noël de la boxe éducative"
à la salle de boxe de Fontenay-sous-bois
* Présentation récente de deux dossiers dans le cadre
de violence scolaire :
- Au Ministère de l'Education Nationale : un premier projet d'implantation
de sections sportives sur le territoire.
- Au Ministère de la Jeunesse et des Sports : un second projet
de lutte contre l'oisiveté et la délinquance durant les
vacances scolaires.
"UN PROFESSEUR
PAS COMME LES AUTRES
"
Brigitte PUGET
(Extraits d'entretiens tirés du film Face à Face)
"Dans le collège, nous avons mis en place quelque chose
qui est un peu interne, c'est "l'Espace SOS", pour des élèves
qui nen pouvaient plus de la classe, pour les classes qui nen
pouvaient plus de ces élèves, et pour les professeurs
qui avaient tout le mal de la terre à travailler. Mais ça,
ça me trottait dans la tête depuis longtemps : comment
accepter quun élève démolisse une classe,
et se démolisse lui-même, mais à la limite, quil
se détruise, cest grave bien sûr, mais au moins quil
ne détruise pas les autres.
Je pense quun jeune nest jamais irrécupérable.
Plus on attend, plus cest difficile de le récupérer,
plus cest lourd davoir un passé négatif. Mais
je crois, et heureusement, par ce que quand je ne le croirais plus,
je ne sais pas comment je tiendrais pour enseigner, que l'on peut toujours
trouver le déclic.
Je suis le professeur des élèves qui ne travaillent
pas bien. Et puis avec LEspace SOS, ça se précise.
A tel point que, quand il m'arrive de travailler avec un groupe de jeunes
de classe générale, ils me demandent presque pourquoi
c'est moi le professeur, est-ce qu'ils sont
ils ont fait des choses
pas bien ?
Jai vécu ça.
Quand on a parlé de mettre en place une section de boxe,
moi je ne savais pas ce quétait la boxe. Jen avais
peur, pour moi un boxeur c'était quelquun de violent. Mais
quand je ne connais pas quelque chose, avant de juger, j'essaie de réfléchir,
de me renseigner
Et petit à petit, j'ai pensé que ça pouvait peut-être
être utilisé dans la classe de "l'Espace SOS".
Et puis jai rencontré René, qui ma persuadée.
Quand je vois un élève en classe complètement
stressé, je pense que peut-être sur un ring, il peut se
défouler. Et puis, au contraire, quand je vois un élève
épanoui - et c'est très important que j'aille voir un
élève épanoui sur le ring - je le lui rappelle.
Ce matin, j'ai rencontré dans les couloirs un élève
qui réussit en boxe, et qui, ce matin était en situation
bien désagréable ; et je lui ai dit : "Pourquoi je
ne te vois pas comme quand tu es sur le ring ?
Cette année, une élève de la classe dinsertion
ma dit : "Vous nous parlez comme si vous étiez notre
mère". Et puis je dis : "Mais pourquoi dis-tu nous
?" et elle m'a répondu "Parce que nous sommes plusieurs
à penser ça" ! J'ai eu l'occasion de parler avec
elle et je lui ai dit : "tu sais ça me fait plaisir ce que
tu me dis, cest flatteur, mais je ne suis pas ta mère,
je nai pas à avoir un rôle de mère. Je ne
suis quun professeur, mais peut-être que tu es en train
de me dire que ta mère n'a pas joué son rôle et
que tu retrouves dans le professeur quelque chose que tu n'as pas eu
dans ta famille". Elle n'a pas bien compris. Elle m'a dit : "Mais
non, heureusement que vous n'êtes pas ma mère" et
je lui ai répondu : "Heureusement que tu n'es pas ma fille"
! Et je crois que nous étions sincères toutes les deux,
mais c'est là où il se passe quelque chose, et ce qui
fait que je suis un professeur peut être pas tout à fait
comme les autres.
Question : Qu'est-ce qui motive cet intérêt
particulier pour les élèves en difficulté ?
Je suis intéressée par une approche différente,
qui est de prendre le temps de les écouter, car ces élèves
ont besoin de temps. Cette approche m'intéresse plus que celle
qui consiste à apporter simplement des connaissances, et cela
correspond aussi à ma formation en psychologie. J'essaie de privilégier
une action au plus près des problèmes que peuvent rencontrer
ces élèves. Je ne pense pas que cela soit plus difficile
que dans les classes dites générales.
Q : Comment fonctionne "l'Espace SOS"
?
Lorsque l'élève arrive, on essaie de le mettre bien avec
lui-même, on lui demande quelle est la matière où
il réussit le mieux. À 90 % les garçons répondent
: c'est le sport. Quel sport ? À 90 % , ils répondent
: le foot. Le foot sera donc l'entrée qui permettra ensuite de
revenir au programme (santé, biologie, maths...).
"L'Espace SOS" permet à ces élèves en
difficulté de vivre des moments privilégiés, qui,
nous l'espérons, leur laisseront une petite trace. Certains,
des années après, me reparlent de détails dont
ils se souviennent particulièrement. Et là, je me dis
que notre action n'est pas inutile.
"L'Espace SOS" est un endroit particulier, où les notions
de lieu et de temps seront perçues par les élèves
comme étant très différentes de la classe qu'ils
quittent momentanément.
Même le temps de la récréation n'est pas le même
: c'est une courte pause, qui se prend également à un
moment différent de celui de la récréation commune
aux autres classes. Et enfin, il écrivent eux-mêmes leur
emploi du temps.
En ce qui concerne le budget particulier nécessaire à
cette classe spéciale, il faut dans un premier temps évaluer
les besoins . Et ensuite, dès que la structure fonctionne, il
nous est demandé un bilan et des preuves sur le travail qui a
été mené.
Q : Avez-vous ressenti des difficultés
particulières durant le tournage ?
Au départ, j'étais impressionnée, j'avais peur
que cela prenne des proportions qui faussent la réalité.
Très vite, on a dépassé ce cap, autant les élèves
que moi-même.
Mais il faut savoir que, pour ces élèves, le plus souvent,
réussir est une honte. Les élèves veulent être
filmés quand ils font des bêtises ! Et passer à
la télé quand ils font des bêtises !
D'une façon générale, pour ces gamins, réussir,
c'est se marginaliser car ils voient et vivent beaucoup d'échecs
autour d'eux. Si on réussit en classe, pour qui va-t-on passer
? Alors on glisse le stylo dans la chaussette, on donne son cartable
à un porteur de cartable ! Et tant pis si le devoir à
rendre au professeur est dedans !
Dans certaines classes générales aussi, c'est une honte
d'avoir une bonne note. Une collègue me parlait récemment
d'une jeune fille de sa classe, qui a souvent de bonnes notes, des 18
.
Lorsqu'elle reçoit le devoir corrigé, cette jeune fille
cache la note, pour que les autres élèves ne se moquent
pas d'elle !
Q : Aimeriez vous une suite ?
Oui, pour voir ce que sont devenus les jeunes. Et aussi si cela aide
à faire réfléchir d'autres collègues, oui,
pourquoi pas ?
Le travail mené à "L'Espace SOS" permet de soutenir
le jeune dans un moment difficile, mais ne le sauve pas toujours.
À l'heure des bilans, on me demande : est-ce que l'élève
est sorti de ses difficultés ? Oui, aujourd'hui, oui, mais c'est
quelque chose qui reste fragile. Le jeune est pris dans un engrenage.
Dès qu'il sort de l'école, ses copains l'attendent.
Pour contacter
Brigitte PUGET :
Collège Jean Moulin
74, rue Henri Barbusse
93300 Aubervilliers
Tel : 01 43 52 63 07
Fax : 01 43 52 06 85
EN SAVOIR PLUS
SUR LA BOXE EDUCATIVE
La boxe éducative est une discipline ludique qui s'adresse aux
garçons et filles de 8 à 15 ans.
La boxe éducative permet à chaque enfant ou adolescent
de :
- dépenser, sous contrôle, son trop-plein d'énergie
- apprendre le respect de l'adversaire comme du partenaire
- acquérir confiance en soi
Sport sans danger, la boxe éducative a pour principe de toucher
l'adversaire sans intention de faire mal, et sans se faire toucher.
Les assauts (non les combats) se déroulent dans des conditions
bien précises :
- niveau technique exigé (grades acquis selon les connaissances)
- protections imposées (casque, gants, coquille)
- contrôle strict du directeur de l'assaut
La boxe éducative est un sport très complet.
Sur le plan physique :
- elle développe harmonieusement la musculature
- elle stimule les grandes fonctions de l'organisme
Sur le plan psycho-moteur :
- elle permet un bon développement du schéma corporel,
nécessaire à l'équilibre de l'enfant ou de l'adolescent,
ainsi qu'à l'affirmation de sa personnalité.
La boxe éducative est aussi un moyen sûr de lutter contre
la délinquance, et facilite l'adaptation à la vie sociale
:
- en occupant la jeunesse
- en canalisant l'agressivité naturelle de l'enfant ou de l'adolescent
- en lui donnant un objectif, une motivation
1 - LOBJECTIF CENTRAL : FORMER LENFANT A LA CITOYENNETÉ
Le projet se centre sur la formation de lenfant-citoyen
par la pratique de la boxe éducative. Sa particularité,
en dehors des vertus spécifiques et évidentes de la boxe
éducative, est de faire un doux mélange de boxe et de
musique RAP. Dady Lorc C du groupe La Cliqua, très
connu auprès de la jeunesse, parrainera et sélectionnera
des rapeurs locaux.
OBJECTIFS CULTURELS
Pratiquer la boxe éducative pour se rendre compte et intégrer
des règles strictes qui sont en opposition aux bagarres
de rue. Lobjectif nest plus de faire mal mais de toucher
son opposant pour marquer des points.
OBJECTIFS SOCIAUX
Confronter les élèves à une activité codifiée
où le respect des règles et du règlement devient
impératif.
Lenjeu est que lenfant :
- respecte les règles
- respecte le professeur
- respecte son partenaire-adversaire tant au niveau verbal que physique
OBJECTIFS ÉDUCATIFS
Développer les ressources des élèves :
- développement moteur (vitesse, coordination...)
- développement cognitif (mettre en oeuvre des stratégies
simples puis de plus en plus élaborées pour toucher son
partenaire)
- développement affectif (lenfant peut trouver une reconnaissance
et une affirmation de soi au travers de cette pratique).
2 - A QUOI PEUT SERVIR LOUTIL PÉDAGOGIQUE : BOXE ÉDUCATIVE
La finalité de cette discipline : se servir autrement de lagressivité
débordante chez des élèves, bien souvent perturbateurs,
qui gênent le système scolaire en général.
Cest aussi une manière positive et efficace pour libérer
la classe afin que les autres élèves puissent avancer
normalement dans leur cursus.
La compétition pour ceux qui en éprouvent le désir
et qui possèdent le profil, oui pourquoi pas ?
Pour les autres, il faudrait, à mon humble avis, insister sur
la réflexion, la mémorisation, pour mettre en place des
katas divers à tous les ateliers boxe : corde, sac, shadow, mannequin,
lin. Il faudrait donc développer pour la majorité de ces
adolescents un nouvel esprit purement éducatif de ce sport olympique*
qui possède toutes les vertus que nous connaissons :
RESPECT - MAITRISE - FAIR PLAY
* interdiction absolue de se toucher le visage tant que lélève
ne possède pas une maîtrise technique élaborée.
C'est aussi un excellent
complément d'éducation qui permet à l'enfant de
s'épanouir au mieux et de s'armer dans cette difficile école
de la vie. Elle permet, entre autres, de vaincre une certaine timidité
chez certains, de mieux canaliser l'agressivité débordante
de ceux qui possèdent un trop plein d'énergie.
Elle sert aussi à mieux se sentir dans sa peau en apprenant à
se défendre et pour finir, elle permet aux élèves
qui ont des difficultés scolaires ou familiales de se défouler
utilement et de se sentir mieux valorisés.
À signaler, durant les cours de boxe d'associations sportives
ou sections sport scolaire, la richesse pédagogique qui en ressort.
À force de travail, d'entraide, d'autonomie, de solidarité
entre élèves de la 6è à la 3è, qui
a pour résultat de changer le comportement de certains élèves
qui agissent tout autrement dans une cour de récréation,
car là, il n'y a aucune règle. Il faut souligner une attitude
plus respectueuse des élèves qui, lorsqu'ils franchissent
une salle de sport de combat, commencent par ne pas cracher par terre,
jeter le chewing-gum à la poubelle, respecter le matériel,
le partenaire, les consignes, les règles en général.
C'est donc un cours complet qui regroupe : leçon de morale, de
civisme et de sport.
a / Bibliographie
* Que sais-je n° 3529 - les violences scolaires
Jean-Louis Lorrain - PUF
* Violences scolaires, les enfants victimes de violences à l'école
Pascal Linet et Bernard Defrance
Ed. Syros - 2000 - 151 p.
* Violences entre élèves, harcèlements et brutalités
; les faits, les solutions
Dan Olwens
Ed. ESF - 1999 - 108 p.
* La violence à l'école : approches européennes
Revue Française de Pédagogie
N° 123, avril, mai, juin 1998
* Agir face à la violence
Jean Yves Prochazka
Hachette éducation - 1997 - 121 p.
* Violences à l'école, état des savoirs
Coordonné par Bernard Charlot et Jean Claude Ewin
Ed. Armand Colin - 1997 - 410 p.
* Violences à l'école, Allemagne, Angleterre, France
Une étude comparative européenne de 12 états du
2ème degré
Ed. Matrice - 1997 - 283 p.
* La violence dans la classe
Eric Debardieux
Ed. ESF - Coll. sciences de l'éducation - 1993 - 171 p.
* La violence à l'école
Guide de prévention et techniques d'intervention
Les Editions logiques - 1991 - 135 p.
* Revue Autrement
"Innovation Ecole ! de la maternelle au lycée"
article de Pascal Bouchard
b/ Articles de presse
* Le Parisien, 7/01/02
Aulnay-sous-bois : des collégiens unis contre la violence
* sur www.unesco.org/courrier/2001
01/fr/education.htm (26/02/02)
Violences scolaires : une affaire mondiale
* sur www.le
monde.fr/article/0,5987,3226-,oo.html (26/02/02)
"Le premier recensement national relativise les violences scolaires"
* Le Monde Diplomatique - Février 2002
lécole ne brûle pas
* Lhumanité, 5/03/ 01
Entretien avec Eric Debarbieux, à lorigine de la
conférence mondiale sur Violence à lécole
et politique publique.
* Libération, 5 /03/01
La conférence mondiale Violence à lécole
et politique publique débute aujourdhui à
Paris à lUnesco.
* Lhumanité, 8/03/01
Lionel Jospin conclut les travaux de la conférence mondiale
Violences à lécole et politiques publiques
* sur www.premier ministre.gouv.fr,
(9/03/01)
Discours en clôture de la conférence mondiale Violences
à lécole et politiques publiques à
lUnesco
* Le Parisien, 19/12/2001
La violence sattaque aux lycées
* Le Monde, 22/12/01
Un nouveau logiciel permet de mieux évaluer les violences
scolaires
* Lien social, 29/11/01 - n° 599
Violences et incivilités des jeunes : des pistes restent
à explorer
* Lhumanité, 10/10/01
A lécole du respect
* Libération, 8/10/01
Au lycée des coeurs violentés
* Lhumanité hebdo, 01/07/01
Violence à lécole primaire : traiter au
plus vite le fléau"
c/
Sites ressources
* Education nationale
www.education.gouv.fr
> l'école du respect
> "opération ruban vert" (contre la violence à
l'école)
> "le respect ça change l'école "(dossier
de presse)
www.education.gouv.fr/magazine/1998/3/collège.htm
> Dispositif "école ouverte" en réponse à
la violence.
* Non violence Actualité
www.nonviolence-actualité.org
* Fédération Française de Boxe
14, rue Scandicci
93508 Pantin cedex
tel :01 49 42 23 72
www.ffboxe.asso.fr
* Ring Verseron
www.rings-verseron.com
Pour contacter René
ACQUAVIVA
email : acqua@wanadoo.fr
GÉNÉRIQUE
DÉBUT
La CATHODE présente ESQUIVE !
Un film de Patrice ROLET GÉNÉRIQUE DE FIN
avec
Brigitte, René, Saïd, Moussa, Assan et les gamins du Collège
Jean
MOULIN à Aubervilliers
Image et son
Patrice ROLET
Montage
Grégoire MARY
Développement
Mounia BAÏNOUTI
Production
La CATHODE
Gabriel GONNET
Coproduction
LA CATHODE
ALLER RETOUR Production
Pierre Henri LOS
Avec la participation de
Centre National de la Cinématographie
Ministère de l'Éducation Nationale
Ministère de la Jeunesse et des Sports
Fond d'Action Sociale
Fédération Française de Boxe
Remerciements
Brigitte PUGET
René ACQUAVIVA
Saïd BENNAJEM
Bruno ZOMER
Alain MOUCHEL
Michel CHOPINAUD
Alain HEBRARD
Anne Marie VAILLE
Michèle COHEN
Jacques BOSC
Annie GRISARD et
le Collège Jean MOULIN
Inspection Académique de
la Seine Saint Denis
Un film de Patrice ROLET
Copyright : La CATHODE, ALLER RETOUR Production, Télessonne
- Février 2002
Films
de La CATHODE autour des thèmes de la violence, de la justice
et de la loi :
- "Etat de violence - 26 mn (13-19 ans)
- "La loi, moi et les autres - 28 mn (13-19 ans)
- "Comme une vague" - 45 mn (formation des adultes)
- "Garde à vue, garde à toi, mode d'emploi - 24 mn
(16-25 ans, formation des adultes)
- "Marguerite B : une histoire singulière" - 52 mn
(formation des adultes)
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